vendredi 27 février 2015

J’étais un « sniper » américain, et la guerre de Chris Kyle n’est pas la mienne

L’ancien tireur d’élite américain Garett Reppenhagen réagit au film American Sniper de Clint Eastwood. Pour lui, il renvoie une image biaisée de l’expérience de la guerre qu’il est nécessaire de dépasser pour comprendre le conflit :
« J’ai passé de nombreuses nuits allongé sur le ventre en Irak, et regardant à travers une lunette à grossissement 12x. Le champ de vision est alors limité par les réticules. C’est pour ça qu’il est nécessaire de garder les deux yeux ouverts. De cette manière on peut repérer les cibles et établir une zone d’attention à 360°, tout autour de soi. Je tournais avec le guetteur et un membre supplémentaire de la brigade de sécurité pour maintenir cette vigilance et appréhender l’ensemble du champ de bataille. J’examinais minutieusement chaque cible dans mon viseur pour déterminer s’ils représentaient ou non une menace.
Dans un certain sens, cette comparaison permet de garder en perspective l’ensemble de la mission irakienne et bien comprendre les expériences qu’ont traversées les soldats des États-Unis pendant l’opération pour la liberté de l’Irak. Aucun soldat n’a le monopole sur le récit de la guerre. Il va changer en fonction de là où il a servi, de quand il y était, de quel rôle il a joué et de quelques milliers d’autres facteurs aléatoires.
Ces 10 derniers jours, “American Sniper” a mobilisé les foules et a explosé le box-office. Mais si vous voulez comprendre cette guerre, ce film c’est comme regarder à travers la lunette d’un sniper, et n’offre donc qu’un aperçu limité du conflit.
Le film met en scène l’histoire d’un tireur d’élite des Marines, Chris Kyle, réputé pour avoir effectué 160 éliminations confirmées, ce qui ferait alors de lui le soldat de l’armée américaine le plus meurtrier de son histoire. Il a d’abord fait part de son histoire dans ses mémoires, qui servirent ensuite de support pour l’adaptation de Clint Eastwood en film. Kyle voit l’occupation de l’Irak comme nécessaire pour empêcher les terroristes d’affluer vers la Mère-Patrie et d’attaquer les États-Unis : Il perçoit les Irakiens comme des “sauvages”, et se défend farouchement contre toutes les critiques qui remettent en cause le bien-fondé de l’opération et les capacités des forces militaires pour la mener à bien.
Cette vision ne manque pas de réalisme. Mon unité était pleine de soldats qui pensaient pareil. Quand on sacrifie autant, il est tentant de s’accrocher fermement à la conviction de se battre pour une “noble cause”, une conviction qui se renforce avec la fatigue des différents déplacements et de ce qui peut se passer chez soi en parallèle. Mais juger l’ensemble de la guerre à l’aune de cette vision n’en donne qu’une perception partielle.
Pendant mon service, je n’ai jamais perçu les Irakiens comme des sauvages. Ils avaient une de ces cultures amicales qui attachent beaucoup d’importance à l’hospitalité, et étaient même parfois trop positifs. Ces gens sont fiers de leur histoire, de leur système éducatif, et de leur identité nationale. J’ai écouté des enfants partager des mots d’une sagesse immémoriale, et j’ai regardé des adultes rires et jouer avec la naïveté d’écoliers. J’ai rencontré des personnes incroyables, pendant et après mon déploiement, et c’est une honte pour moi de savoir que ce film perpétue une ignorance qui pourrait les mettre en danger.
À la différence de Chris Kyle, qui clamait que son trouble de stress post-traumatique venait de son incapacité à sauver plus de soldats en service, la plupart des dommages qui ont été faits à ma santé mentale viennent de ce que j’appelle une “blessure morale”, un terme qui devient de plus en plus populaire parmi les vétérans.
En tant que tireur d’élite, je n’étais pas souvent la victime d’événements traumatisants, mais celui qui perpétuait mort et violence. Mes faits d’armes auraient été peut-être plus acceptables pour moi si je pouvais m’abriter derrière la conviction que j’avais agi pour le plus grand bien. Au lieu de cela, j’ai vu les raisons de ma mission perdre progressivement en légitimité.
J’ai servi en Irak de 2004 à 2005. Durant cette période, on a commencé à prendre conscience qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive, la commission chargée du rapport sur le 11 septembre a statué que l’Irak n’était pas impliquée dans les attaques du World Trade Center, une fausse responsabilité avait été donnée au pays par Paul Bremer, les atrocités d’Abu Ghraib ont été mises en évidence, et la bataille de Fallujah a éclaté.
La destruction à laquelle je prenais part se heurtait soudainement à ces nouvelles qui annonçaient que nos raisons de faire la guerre étaient mauvaises. Le comportement méprisable de ceux qui étaient présents à Abu Ghraib apparut alors d’autant plus impardonnable qu’il faisait face aux relations honorables que j’avais avec les civils irakiens, et ce contraste contribua à nourrir le trouble de stress post-traumatique contre lequel je lutte aujourd’hui.
Ma guerre a été complètement différente de celle de Chris Kyle. Ça ne veut pas dire que la sienne était mauvaise et que la mienne était bonne. Mais ça montre qu’une expérience singulière n’est jamais définitive et unique.
Le film présente des scènes d’action où le contexte politique et régional ne joue qu’un rôle très limité. C’était un choix voulu par Clint Eastwood, apparemment, de délaisser les causes à l’origine de l’invasion américaine et de l’occupation de l’Irak qui en a découlé. C’était un choix voulu, apparemment, que de nombreux personnages décrivent les Irakiens comme des “sauvages” et de ne jamais laisser voir une autre alternative. Quand j’ai entendu parler de l’intolérance des réactions qu’ont eu certains Américains après avoir vu le film, j’ai été dégouté, mais pas surpris.
Le public confond la vision de la guerre qu’a Chris Kyle avec l’histoire “vraie” de la guerre. On ne s’étonne pas que quelqu’un ait twitté que le film lui avait donné envie “d’aller tuer quelques enturbannés”. C’est triste qu’une telle vision partiale des Irakiens ait conduit encore plus de gens à avoir peur des Arabes et à glorifier tout acte de violence contre eux.
Il serait rafraichissant qu’une grosse production hollywoodienne se charge de créer une version moins dramatisée et plus nuancée du conflit. Il existe des documentaires incroyables sur le sujet. “Occupation : Dreamland” et “Restrepo” retranscrivent la vie d’un soldat en service dans un affrontement moderne sans toutefois édulcorer le contexte politique dur qui sert de toile de fond aux conflits.
La responsabilité de montrer une image qui prend en compte toutes les dynamiques sociales et politiques ne devrait pas reposer sur un unique individu, un seul réalisateur. Après tout, c’est juste un film. Mais ça veut dire que le public doit le traiter comme tel, et s’informer lui même avant de conclure hâtivement que toute la guerre était comme ça. Et d’autant plus s’il supporte les idéaux démocratiques pour lesquels Chris Kyle, moi, et chaque vétéran qui a endossé l’uniforme avons prêté serment de le défendre au péril de nos vies.
Si vous voulez vraiment être un vrai patriote américain, gardez les deux yeux ouverts et maintenez cette zone d’attention à 360°, tout autour de vous. N’allez pas juste voir “American Sniper”. Lisez d’autres sources, regardez d’autres films à propos du conflit. Parlez à autant de vétérans que possible, forgez-vous une vision complète sur l’expérience de la guerre et ses conséquences. Soyez sûrs que l’ennemi est réellement tel que vous le percevez. »
Traduit depuis l’article du Salon

http://citizenpost.fr/2015/02/jetais-un-sniper-americain-et-la-guerre-de-chris-kyle-nest-pas-la-mienne/

« American Sniper » le plus répugnant des aspects de la société US


« American Sniper » célèbre le plus répugnant des aspects de la société US – la culture du flingue, l’adoration aveugle de l’armée, la croyance que l’on a un droit inné en tant que nation « chrétienne » à exterminer les « races inférieures » de la Terre, une hypermasculinité grotesque qui bannit toute compassion et pitié, un déni des faits qui dérangent et des vérités historiques, et un dénigrement de la pensée critique et de l’expression artistique. Beaucoup d’Américains, surtout les blancs prisonniers d’une économie au point mort et d’un système politique dysfonctionnel, sont galvanisés par le supposé renouveau moral et le contrôle militarisé rigide que ce film célèbre. Ces passions, si elles se réalisent, feront disparaitre le peu qu’il reste de notre société ouverte désormais anémique.
Le film s’ouvre sur un père et son fils chassant le daim. Le garçon tire sur l’animal, lâche son fusil et court vers sa proie.
« Reviens ici », hurle son père. « On ne laisse jamais son fusil par terre ».
« Oui, monsieur », répond le garçon.
« C’était un sacré tir, fils », dit le père. « Tu as un don. Tu feras un excellent chasseur un jour. »
La caméra montre ensuite l’intérieur d’une église où une congrégation de chrétiens blancs — les noirs apparaissent aussi peu dans ce film que dans ceux de Woody Allen — écoute un sermon à propos du plan de Dieu pour les chrétiens d’Amérique. Le personnage correspondant au titre du film, basé sur Chris Kyle, qui deviendra le sniper le plus meurtrier de l’histoire de l’armée US, va, c’est ce que laisse entendre le sermon, être appelé par Dieu à utiliser son « don » afin de tuer les méchants. La scène suivante nous montre la famille Kyle dans la salle à manger alors que le père entonne avec l’accent texan: « Il y a trois types de gens dans ce monde: les moutons, les loups, et les chiens de berger. Certains préfèrent penser que le mal n’existe pas dans le monde. Et si un jour ils étaient directement menacés, ils ne sauraient pas comment se protéger. Ce sont les moutons. Et puis tu as les prédateurs ».
Puis la caméra passe dans une cour d’école où une brute frappe un plus petit garçon.
« Ils utilisent la violence pour intimider les autres », continue le père. « Ce sont les loups. Et puis il y a ceux qui sont bénis par le don de l’agression et un besoin écrasant de protéger le troupeau. Ils sont une race rare qui vit pour se confronter avec les loups. Ce sont les chiens de berger. Et dans cette famille, on n’élève pas de mouton « .
Le père fait claquer sa ceinture contre la table de la salle à manger.
« Je vous ferai la peau si vous devenez des loups », dit-il à ses deux fils. « On protège les nôtres. Si quelqu’un essaie de te frapper, d’emmerder ton petit frère, tu as ma permission pour le terminer ».
Les benêts dont les esprits sont englués dans ce système de croyances ne manquent pas. Nous en avons élu un — George W Bush — président. Ils peuplent les forces armées et la droite chrétienne. Ils regardent Fox News et croient ce qu’ils y voient. Ils ne comprennent ni ne s’intéressent que très peu au monde au-delà de leurs propres communautés. Ils sont fiers de leur ignorance et de leur anti-intellectualisme. Ils préfèrent boire des bières et regarder le foot plutôt que lire un livre. Et quand ils sont au pouvoir — ils contrôlent déjà le Congrès, le monde des entreprises, la plupart des médias et le complexe militaire — leur vision binaire du bien et du mal et leur arrogante myopie causent de graves troubles à leur pays. « American Sniper », à l’instar des films à gros budget qui virent le jour dans l’Allemagne nazie afin d’exalter les valeurs du militarisme, de l’autoglorification raciale et de la violence d’Etat, est un tissu de propagande, une publicité sordide pour les crimes de l’empire. Qu’il ait engrangé des recettes record de 105.3 millions de dollars sur la période du week-end de la journée Martin Luther King Jr. est un symptôme du sombre malaise US.
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Quelques tweets qui furent remarqués (parmi tant d’autres) en réaction au film: « Je voudrais tuer des bougnoules », « ça m’a donné envie d’aller tuer des putains d’arabes », « Cool de voir un film où on montre ce que sont vraiment les arabes – une vermine qui veut nous détruire », « J’apprécie 100 fois plus les soldats et je hais 1 000 000 fois plus les musulmans ».

« Le film ne pose jamais la question cruciale relative à la raison pour laquelle les Irakiens se défendent contre nous pour commencer », explique Mikey Weinstein, que j’ai eu au téléphone depuis le Nouveau Mexique. Weinstein, un ancien officier de l’Air Force qui a travaillé à la Maison blanche sous Reagan, est à la tête de la Fondation pour la liberté religieuse dans les forces armées, qui s’oppose à l’expansion du fondamentalisme chrétien au sein de l’armée US. « Le film m’a rendu physiquement malade avec ses distorsions  totalement unilatérales de l’éthique de combat et de la justice en temps de guerre,  enveloppées dans le mantra personnel de Chris Kyle du « Dieu-Patrie-Famille ». Ça n’est rien de moins qu’un hommage odieux, une hagiographie littéralement atroce du massacre de masse ».
Weinstein souligne que la glorification du chauvinisme chrétien d’extrême-droite, ou dominionisme, qui en appelle à la création d’une Amérique « chrétienne » théocratique, est particulièrement présente au sein des unités d’élites comme les forces spéciales de la marine de guerre (SEALS) et de l’Armée de terre.
Les méchants font rapidement leur apparition dans le film. Cela se passe alors que la télévision — la seule source d’information des personnages du film  — annonce les attentats aux camions piégés de 1998 contre l’ambassade US à Dar Es Salaam et à Nairobi lors desquels des centaines de personnes sont mortes. Chris, maintenant adulte, et son frère, aspirants cavaliers de rodéo, regardent les reportages télévisés, outrés. Ted Koppel parle à l’écran d’une « guerre » contre les USA.
« Regarde ce qu’ils nous ont fait », murmure Chris.
Il se rend alors au bureau de recrutement pour s’engager en tant que Navy SEAL. Nous avons droit aux scènes habituelles de recrutement de nouvelles recrues, qui subissent des épreuves qui en feront des vrais hommes. Dans une scène qui se passe dans un bar, un aspirant SEAL a peint une cible sur son dos et ses camarades lui lancent des fléchettes dessus. Le peu de personnalité qu’ils ont — et ils ne semblent pas en avoir beaucoup — est aspiré jusqu’à ce qu’ils fassent partie de la masse militaire. Ils sont absolument respectueux de l’autorité, ce qui signifie, bien sûr, qu’ils sont des moutons.
On a aussi droit à une histoire d’amour. Chris rencontre Taya dans un bar. Ils boivent quelques coups. Le film tombe alors, comme il le fait souvent, dans le dialogue cliché.
Elle lui dit que les Navy SEALs sont « des abrutis arrogants, égocentriques qui pensent pouvoir mentir et tromper et faire tout ce qu’ils veulent. Je ne sortirais jamais avec un SEAL. »
« Pourquoi dis-tu que je suis égocentrique? » demande Kyle. « Je donnerais ma vie pour mon pays ».
« Pourquoi? »
« Parce que c’est le meilleur pays sur Terre et que je ferai tout mon possible pour le protéger », dit-il alors.
Elle boit trop. Elle vomit. Il est galant. Il l’aide à rentrer chez elle. Ils tombent amoureux. Puis on montre Taya qui regarde la télévision. Elle hurle, appelant Chris qui est dans la pièce d’à côté.
« Oh mon dieu, Chris », dit-elle.
« Qu’y a-t-il? » Demande-t-il.
« Non! » Hurle-t-elle.
Puis on entend le présentateur télé annoncer: « Vous voyez le premier avion qui rentre par ce qui semble être la façade Est… »
Chris et Taya regardent, horrifiés. Une musique inquiétante sert de bande-son au film. Les méchants l’ont bien cherché. Kyle ira en Irak chercher la vengeance. Il ira se battre dans un pays qui n’a aucun lien avec le 11 septembre, un pays dont le rédacteur Thomas Friedman avait dit qu’on l’avait attaqué « parce que c’était possible ». Ce fait historique et la réalité du Moyen-Orient importent peu. Les musulmans, c’est des musulmans. Et les musulmans sont des méchants, ou comme dit Kyle, des « sauvages ». Les méchants doivent être éradiqués.
Chris et Taya se marient. Il porte son insigne doré, le trident des Navy SEAL, sur son T-shirt blanc sous son smoking, lors de son mariage. Ses camarades SEAL sont présents à la cérémonie.
« Je viens de recevoir l’appel, les gars — c’est parti », dit un officier lors de la cérémonie de mariage.
Les Navy SEALs jubilent. Ils boivent. Et on se retrouve à Fallujah. Premier service. Kyle, désormais sniper, apprend que Fallujah c’est « le nouveau Far West ». C’est peut-être la seule analogie correcte du film, vu le génocide que nous avons fait subir aux Amérindiens. Il entend parler d’un sniper ennemi qui « peut mettre dans le mille  à 500 mètres de distance. On l’appelle Mustafa. Il était aux Jeux olympiques. »
La première victime de Kyle est un garçon auquel une jeune femme en tchador tend une grenade antitanks. La femme, qui n’exprime pas la moindre émotion à la mort du garçon, ramasse la grenade après que le garçon ait été tué et s’avance en direction de Marines US en patrouille. Kyle la tue aussi. Nous avons là l’archétype du film et du best-seller autobiographique de Kyle « American Sniper ». Les mères et les sœurs en Irak n’aiment pas leurs fils et leurs frères. Les femmes irakiennes enfantent afin de mettre au monde des petits kamikazes. Les enfants sont des Oussama ben Laden miniatures. On ne peut faire confiance à aucun de ces méchants musulmans — homme, femme ou enfant. Ce sont des bêtes. On les montre dans le film en train de communiquer les positions US aux rebelles par téléphone, cachant des armes sous des trappes dans le sol, posant des bombes artisanales sur les routes ou s’attachant des ceintures d’explosifs afin de faire des attaques-suicides. Ils sont déshumanisés.
« Il y avait un enfant qui avait à peine quelques poils sur les couilles », dit Kyle, nonchalamment, après avoir tué l’enfant et la femme. Il se repose sur son lit de camp avec un grand drapeau texan derrière lui sur le mur. « Sa mère lui donne une grenade et l’envoie ici tuer des Marines ».
Le Boucher  — un personnage fictif créé pour le film- entre alors en scène. Le plus méchant des méchants. Il est habillé d’une longue veste noire en cuir et attaque ses ennemis à la perceuse électrique. Il mutile les enfants — on voit le bras d’un enfant qu’il a amputé. Un cheikh local propose de trahir le Boucher pour 100 000$. Le Boucher tue le cheikh. Il tue le petit enfant du cheikh devant sa mère à l’aide de sa perceuse. Le boucher crie alors: « Vous parlez avec eux, vous mourrez avec eux ».
Kyle passe à son deuxième service, après avoir passé quelques temps chez lui avec Taya, dont le rôle dans le film consiste à se plaindre à coups de larmes et de jurons du fait que son mari soit loin. Avant de partir Kyle dit: « Ce sont des sauvages. Bébé, ce sont des putains de sauvages ».
Ses camarades de peloton et lui peignent le crâne blanc du Punisher tiré des BD Marvel Comics, sur leur véhicule, sur leurs armures, sur leurs armes et leurs casques. La devise qu’ils peignent dans un cercle autour du crâne dit: « Malgré ce que ta maman t’as raconté… la violence résout les problèmes ».
« Et nous avons peint ça sur tous les bâtiments où on pouvait », écrit Kyle dans ses mémoires, « American Sniper ». « On voulait que les gens sachent qu’on était là et qu’on en avait après eux… Vous nous voyez? On est ceux qui vous foutent une raclée. Crains-nous parce qu’on va te tuer, fils de pute. »
Le livre est encore plus dérangeant que le film. Dans le film Kyle est un guerrier réticent, obligé de faire son devoir. Dans le livre il se délecte des meurtres et de la guerre. Il est consumé par la haine des Irakiens. Intoxiqué par la violence. On lui attribue 160 meurtres confirmés, mais il fait remarquer que pour être comptabilisé un meurtre doit être vu, « donc si je tire sur quelqu’un au niveau de l’estomac et qu’il parvient à ramper jusqu’à ce qu’on ne puisse plus le voir, et qu’il meurt ensuite, ça n’est pas comptabilisé. »
Kyle insiste sur le fait que chaque personne qu’il a tuée méritait de mourir. Son incapacité à l’auto-analyse lui a permis de nier le fait que durant l’occupation US de nombreux Irakiens innocents ont été tués, dont quelques-uns par des snipers. Les snipers sont principalement utilisés pour semer la terreur et la peur chez les combattants ennemis. Et dans son déni de réalité, chose que les anciens propriétaires d’esclaves et les anciens nazis avaient élevée au rang d’art après avoir supervisé leurs propres atrocités, Kyle était capable de s’accrocher à des mythes enfantins afin de ne pas examiner la noirceur de son âme et sa contribution aux crimes de guerres perpétrés en Irak. Il justifiait ses meurtres par sentimentalisme écœurant envers sa famille, sa foi chrétienne, ses camarades SEAL et son pays. Mais la sentimentalité n’est pas l’amour. Ce n’est pas l’empathie. Il s’agit fondamentalement d’apitoiement sur soi-même et d’auto-adulation. Que le film, comme le livre, oscille entre cruauté et sentimentalisme n’est pas accidentel.
Propagandenazi
Il faut savoir que l’affiche de propagande du mini-film « Stolz der nation » dans le film de Tarantino « Inglorious Bastards » est historiquement authentique, elle correspondrait à un véritable film de propagande nazi selon le livre « ‘Film Posters of the Third Reich ».

« La sentimentalité, l’exhibition ostentatoire excessive et fallacieuse d’émotion, est un signe de malhonnêteté, d’incapacité à ressentir », nous rappelle James Baldwin. « Les yeux humides du sentimentaliste trahissent son aversion envers l’expérience, sa peur de la vie, son cœur aride; et c’est toujours, par conséquent, le signe d’une inhumanité secrète et violente, le masque de la cruauté ».
« Sauvages, démons méprisables », écrit Kyle à propos de ceux qu’il tue depuis toits et fenêtres. « Voilà ce qu’on combat en Irak. C’est pourquoi beaucoup de gens, dont moi-même, les appelons « sauvages »… je regrette simplement de ne pas en avoir tué plus ». Il écrit autre part: « J’aime tuer les méchants… j’ai aimé ce que j’ai fait. J’aime toujours… c’était drôle. Je me suis éclaté comme jamais en tant que SEAL. » Il colle l’étiquette « fanatiques » sur les Irakiens et écrit : « ils nous détestaient parce que nous n’étions pas musulmans ». Il prétend que « les fanatiques qu’on a combattus n’appréciaient rien d’autre que leur interprétation tordue de la religion ».
« Je ne me suis jamais battu pour les Irakiens », écrit-il de nos alliés irakiens. « J’en avais rien à foutre d’eux ».
Il a tué un adolescent irakien, un insurgé selon lui. Il a regardé la mère trouver le corps de l’enfant, déchirer ses vêtements, et pleurer. Indifférent.
Il écrit: « Si vous les aimiez [les fils], vous auriez dû les garder loin de la guerre. Vous auriez dû les empêcher de rejoindre les insurgés. Vous les laissez essayer de nous tuer — que pensiez-vous qu’il leur arriverait? »
« Les gens à la maison [aux USA], les gens qui ne connaissent pas la guerre, ou pas cette guerre, parfois, semblent ne pas comprendre les agissements des troupes en Irak », continue-t-il. « Ils sont surpris choquésde découvrir qu’on plaisantait souvent sur la mort, sur les choses qu’on voyait. »
Il fut mis en examen par l’armée pour avoir tué un civil désarmé. Selon ses mémoires, Kyle, qui voyait tous les Irakiens comme ennemis, aurait dit à un colonel de l’armée: « Je ne tire pas sur ceux qui ont un Coran. J’aimerais bien, mais je ne le fais pas ». L’enquête n’aboutit à rien.
Kyle fut surnommé « La Légende ». Il se fit faire un tatouage de la croix des Templiers sur son bras. « Je voulais que tout le monde sache que j’étais chrétien. Je l’ai faite faire en rouge, pour le sang. Je détestais les sauvages que je combattais », écrit-il. « Je les détesterai toujours ». Après une journée de sniper, après avoir tué peut-être 6 personnes, il retournait à son baraquement et passait son temps à fumer des cigares cubains Romeo y Julieta N° 3 et à « jouer aux jeux vidéo, regarder du porno et faire de l’exercice ». En permission, et ce fut omis dans le film, il fut fréquemment arrêté pour s’être battu saoul dans des bars. Il rejetait les politiciens, détestait la presse et méprisait ses supérieurs, n’exaltant que la camaraderie des guerriers. Ses mémoires glorifient la suprématie blanche « chrétienne » et la guerre. C’est une diatribe colérique dirigée contre quiconque mettrait en cause l’élite militaire, les tueurs professionnels.
« Pour quelque raison, beaucoup de gens à la maison pas tous n’acceptaient pas que nous soyons en guerre », écrit-il. « Ils n’acceptaient pas que la guerre signifie la mort, la mort violente, la plupart du temps. Beaucoup de gens, et pas juste des politiciens, voulaient nous imposer des fantaisies ridicules, nous obliger à adopter des normes comportementales qu’aucun humain ne pouvait maintenir ».
Le sniper ennemi Mustafa, décrit dans le film comme un serial killer, blesse fatalement Ryan « Biggles » Job, le camarade de Kyle. Dans le film Kyle retourne en Irak un quatrième service — pour venger la mort de Biggles. Son dernier service, dans le film en tout cas, se concentre sur les meurtres du Boucher et du sniper ennemi, un autre personnage fictif. Alors qu’il se concentre sur le duel dramatique entre Kyle le héros et le vilain Mustafa le film devient ridiculement caricatural.
Kyle tient Mustafa en joue et appuie sur la gâchette. On voit la balle quitter le fusil au ralenti. « Fais-le pour Biggles », dit quelqu’un. La tête du sniper ennemi se transforme en flaque de sang.
« Biggles serait fier de toi », dit un soldat. « Tu l’as fait, man ».
Son dernier service terminé, Kyle quitte la Navy. En tant que civil il lutte avec les démons de guerre et devient, dans le film, un père et mari modèle et travaille avec des vétérans mutilés d’Irak et d’Afghanistan. Il échange ses bottes de combat contre des bottes de cowboy.
Le vrai Kyle, alors que le film était en production, fut abattu à bout portant près de Dallas le 2 février 2013, avec un de ses amis, Chad Littlefield. Un ancien marine, Eddie Ray Routh, qui souffrait de stress post-traumatique et de graves troubles psychiques, aurait tué les deux hommes et aurait ensuite volé le pickup de Kyle. Routh sera jugé le mois prochain. Le film finit avec des scènes des funérailles de Kyle — avec des milliers de gens agitant leurs drapeaux le long des routes — et de la commémoration au stade des Dallas Cowboys. On y voit des camarades SEAL enfoncer leur insigne du trident dans le haut du cercueil, une coutume pour les camarades décédés. Kyle fut abattu par derrière, et dans la tête. Comme beaucoup de ceux qu’il a tués, il n’aura pas vu son assassin lors du tir fatal.
La culture de la guerre bannit la capacité d’éprouver de la pitié. Elle glorifie le sacrifice de soi et la mort. Elle considère la douleur, l’humiliation rituelle et la violence comme faisant partie de l’initiation de l’adulte. Le harcèlement brutal, comme le note Kyle dans son livre, est partie intégrante du bizutage des Navy SEALs. Les nouveaux SEALs étaient maintenus au sol et étranglés par les seniors de l’unité jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent. La culture de guerre n’idéalise que le guerrier. Elle dénigre ceux qui ne font pas exhibition des vertus « viriles » du guerrier. Elle place le prestige dans la loyauté et l’obéissance. Elle punit ceux qui s’engagent dans la pensée indépendante et exige une conformité totale. Elle élève la cruauté et le meurtre au rang de vertu. Cette culture, une fois la société infectée dans son ensemble, détruit tout ce qui fait la grandeur de la civilisation humaine et de la démocratie. La capacité d’empathie, la culture de la sagesse et de la compréhension, la tolérance et le respect de la différence, et même l’amour, sont implacablement écrasés. La barbarie innée qu’engendrent la guerre et la violence est justifiée par un sentimentalisme national édulcoré, par le drapeau et un christianisme perverti qui bénit ses templiers armés. Ce sentimentalisme, comme l’écrit Baldwin, masque une insensibilité terrifiante. Il encourage un narcissisme effréné. Les faits et les vérités historiques, quand ils ne collent pas à la vision mythique de la nation et de la tribu, sont rejetés. La dissidence devient trahison. Tous les opposants sont impies et dénaturés. « American Sniper » est l’écho d’une maladie profonde qui infecte notre société. Il brandit cette croyance dangereuse selon laquelle nous pouvons retrouver notre équilibre et notre gloire perdue en adoptant un fascisme américain.

Mettre sa part d’ombre en lumière

Des côtés sombres, nous en avons tous. Par quelle alchimie peut-on parvenir à les mettre en lumière et les métaboliser en une énergie constructive,
plutôt que destructrice ?

Accueillir


Egoïsme, jalousie, timidité, agressivité, trop ceci, pas assez cela… Ce qui mijote en nous n’est pas toujours de notre goût. Parfois au contraire, nos forces sombres semblent nous satisfaire, nous aimons nous y complaire. Faut-il les réprimer, de peur de ne plus être aimé, ou bien leur céder, en les laissant nous définir ? Pour la thérapeute psychocorporelle Caroline Jeannet, la clé est d’abord « d’accueillir ce qui est là », sans jugement, mais sans se laisser emporter. 

Vous êtes en colère ?
« Ah ! Je suis en colère. » Vous détestez telle personne ? « O.K., j’éprouve de la haine. » Une remarque vous blesse ? Notez la tension qui se crée dans votre corps. Est-elle nécessaire, maintenant ? Que pouvez-vous faire pour y remédier ? Respirer, vous masser le ventre ou les mains, relativiser... Traquez vos réactions avec curiosité, arrêtez de les estampiller « négatives », comprenez qu’elles sont simplement le fruit de circonstances, qu’il n’y a pas la vilaine ombre d’un côté et la belle lumière de l’autre : chacune a le pouvoir de faire de vous un être complet. « Si nous nions notre peur, nous minimisons notre courage. Si nous nions notre cupidité, nous réduisons d’autant notre générosité », note Debbie Ford. Plutôt que de les « mettre sous le tapis », reconnaissez leur existence ; c’est déjà un moyen de les dompter, d’éviter qu’elles vous rongent de l’intérieur ou vous explosent brutalement à la tête. Ayez envie de les débusquer, relevez le défi d’agir sur ces ombres plutôt qu’elles agissent sur vous.

Comprendre


Une fois ces ombres repérées,
« identifiez leurs fonctions, c’est-à-dire les raisons pour lesquelles elles sont là », indique Caroline Jeannet. Car loin d’être des démons intérieurs auxquels on ne peut échapper, ce sont des « dragons protecteurs » mis en place dans l’enfance, en réaction à certaines expériences blessantes : soumission ou agressivité édifiée pour survivre dans un milieu violent, façade dure pour masquer une hypersensibilité… 

L’ombre est une part de notre identité construite dans des moments de difficulté. Normaux pour un enfant, ces mécanismes n’ont très souvent plus lieu d’être à l’âge adulte. Assumez la responsabilité de chercher à les comprendre, de ne plus vous cacher derrière.
« En contactant la souffrance de l’enfant, vous donnez du sens et de l’empathie à l’attitude qu’elle a engendrée », et commencez à la déconstruire. Prenez aussi conscience de vos stratégies de défense. Etes-vous dans le déni total de vos parts sombres, ou plutôt dans le reniement – vous les connaissez mais les rejetez ? Etes-vous dans la projection, le rejet de la responsabilité sur l’autre, ou dans une identification à 100 % à vos ombres, au point de vous dire : « Je suis nul, je ne vaux rien » ou de passer à l’acte, en devenant le jouet de votre Mister Hyde ? Observez également comment votre comportement change en fonction de votre degré de fatigue ou du contexte social. Vous êtes timide, mais sur une scène de théâtre, vous vous galvanisez et osez tout ? Vous êtes plus vaste que vous ne l’imaginez, alors cessez de vous conformer à l’image que vous vous êtes forgée de vous-même.

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Fermez les yeux, détendez-vous, accédez à un état favorable à l’ouverture de conscience. En
« héros courageux », posez l’intention de plonger dans « l’énergie de vos ombres pour voir ce qu’elle révèle », conseille le thérapeute psychocorporel Félix Haubold. Listez les défauts que vous détestez et les mots qui vous blessent : leur charge émotionnelle est révélatrice. Quelles sont les 5 choses que vous n’aimeriez pas qu’on écrive à votre propos ? Notez aussi celles qu’on pourrait dire sans que cela vous touche. « Ne sont-elles pas toutes des vérités ? », suggère Debbie Ford. Réfléchissez : quelles sont les croyances qui dirigent votre vie ? Comment sont-elles nées, sous l’influence de quelles personnes ou de quelles circonstances ? De quoi vous protégez-vous (et vous privez-vous) en les perpétuant ? Essayez d’identifier l’événement originel, afin de le dépasser et d’ouvrir la cage à la partie de vous qui s’y est cristallisée. Si c’est difficile, n’hésitez pas à vous faire accompagner.
Traquez aussi les comportements qui vous agacent ou vous interpellent chez les autres : ils sont souvent le miroir de ce qu’on refuse de voir en soi. Pourquoi vous perturbent-ils ? A quoi réagissez-vous ? Dans quelles situations avez-vous fait preuve d’une attitude similaire ? Petit à petit, vous commencerez à percevoir en vous un microcosme entier. Impossible dès lors de morceler, de porter des jugements péremptoires… Embrassez vos peurs, acceptez votre vulnérabilité, prenez le risque de vous ouvrir, de vous découvrir. Aussi déstabilisante qu’elle paraisse, cette mise en mouvement – comme la mise en mots de ce que vous ressentez – fera sauter vos carcans.

Métamorphoser


S’amorce alors
« un processus alchimique », dit Caroline Jeannet. Prenez Milarepa ou Gandhi : à force de persévérance, ils sont parvenus à transmuter l’énergie de l’humiliation et de la vengeance liée à leur histoire personnelle, en une force d’amour et de paix. Dotez vos parts d’ombre de personnalités : Mathilde la timide, Gaspard le vantard… Imaginez leur physionomie, leur façon de parler, de se comporter. Elles vous seront d’emblée plus sympathiques ! Demandez-leur ce qu’elles ont à vous apprendre, de quoi elles ont besoin. La moutarde vous monte au nez ? Dites-vous : « Voilà Jojo le coléreux ! » Vous n’osez pas donner votre avis ? « Revoici Louise la soumise ! » Cette mise à distance est opérante ; vous commencerez à devenir spectateur de vous-même, à percevoir vos ficelles, à vous en dégager. Si l’émotion est trop forte, écrivez-la, peignez-la « pour engager le corps, la créativité et le plaisir », explique Caroline Jeannet – ou, comme le propose Debbie Ford, tapez sur des coussins ! Au bout d’un moment, la charge émotionnelle se tarira, ou une facette plus profonde de cet aspect de votre personnalité se révélera, qui vous éclairera peut-être sur son origine. Puis cherchez les qualités de chacune de vos sous-personnalités. « L’agressivité, par exemple, recèle une puissance », indique Caroline Jeannet. 

Aller reconnaître la force nichée à ces endroits permet à celui qui parvient à canaliser cette part de lui-même de la récupérer et de l’utiliser. L’ombre peut être l’expression excessive d’une qualité, alors
« baissez un peu le volume », conseille Debbie Ford, mettez-y de la souplesse et du cœur, vous en percevrez le potentiel. Et reprenez le pouvoir en imaginant une interprétation constructive de la raison pour laquelle cette ombre a émergé. Ainsi, Debbie Ford confie avoir longtemps eu un problème avec la laideur parce que son père, lorsqu’elle était enfant, l’appelait « face de souris ». Cette perception l’a minée, jusqu’à ce qu’elle décide de confronter l’humiliation et de la convertir : ces mots n’étaient-ils pas un signe d’affection, un moyen de la préparer à la rudesse du monde réel ?

Intégrer


Tout se joue ensuite au quotidien.
« Les nouveaux chemins, pour être efficaces, doivent s’ancrer organiquement dans la tête et le corps », explique Félix Haubold. Créez-vous « des temps et des espaces » où vous immerger dans le plaisir de voir, de percevoir, de vous sentir vivant : vous faire couler un bain, partager la compagnie d’êtres aimés, sentir votre respiration s’ouvrir au gré d’un massage ou une larme couler à la lecture d’un roman, vous ménager un moment de silence le matin, en posture de méditation ou en sirotant votre thé… « Il n’y a pas de recette », à chacun de trouver sa manière de se ressourcer, de se découvrir là, présent, complet. 

Puis reconnectez-vous régulièrement à cet état de conscience, car
« nos parts d’ombre évoluent en permanence », rappelle Caroline Jeannet. Petit à petit, cette « proximité à soi » permet de mieux réagir aux aléas, de ne plus chercher à être « parfait » – ce qui reste la conformité à une norme – mais intègre, en pleine cohérence par rapport à soi, aux autres, aux circonstances. Dans cette unité, un étrange processus se met en place. Voyez comment votre justesse transpire dans chacune de vos attitudes, comment cette fluidité permet à l’entièreté de votre être de s’exprimer, sans crispation ni heurt. Alors vous rayonnez, sans même chercher la lumière.

La part d'ombre du chercheur de lumière, Debbie Ford
Éditions J'ai Lu (Octobre 2010 ; 249 pages)


Lu sur: inrees.com

mardi 24 février 2015

Le Miso, aliment-miracle

Un élixir de santé et de vitalité.


Le miso (se prononce misso) est un aliment traditionnel en Chine et au Japon se présentant sous la forme d'une pâte au goût très prononcé et très salé; sa couleur varie du blanc crème au brun chocolat. Il est obtenu à partir de haricots de soja, de sel de mer et, selon la fabrication, d'orge et de riz.

Les graines sont d'abord cuites à la vapeur, puis mélangées à de l'eau salée et enfin ensemencées avec le " koji " ( "moût d'amorçage " contenant le champignon Aspergillus Oryzae qui stimule la fermentation). L'ensemble est traditionnellement mis à vieillir dans des tonnelets de cèdre durant une période allant de quelques semaines à trois ans. S'opère alors une fermentation lente qui produit de petites quantités d'alcool et d'acide lactique, lesquels jouent le rôle de conservateurs naturels.
Donc le miso résulte d'une double fermentation: la première, courte, donne le koji ; la deuxième, longue, le miso.

Au fil du temps, les levures et les bactéries naturelles se mettent progressivement à dégrader les céréales et les haricots en acides aminés, en acides gras et en sucres simples facilement digestes. Cela fait du miso un excellent aliment pour une amélioration de la digestion.

Le miso est à la fois un condiment et une base pour les soupes ou les sauces. Il remplace aisément le sel dans la cuisine quotidienne. Il relève le goût des céréales, des haricots et des légumes . Il est aussi utilisé comme saumure, dans la préparation des sauces et des crèmes à tartiner, ainsi que pour la décoration et l'assaisonnement des plats.

Le miso, fermenté longuement et lentement, est habituellement plus sombre que celui produit en peu de temps. La fabrication traditionnelle lui confère un arôme et une saveur à la fois riches et profonds que n'arrivent pas à produire les procédés de vieillissement artificiels et modernes.

Le miso, dont la première saveur est le salé, a un parfum doux et généreux.
Nourrissant et stimulant, il bénéficie d’une place de choix dans la Macrobiotique, art de se nourrir développé par George Oshawa.
Selon Michio Kushi, son successeur, il fortifie le sang, facilite la digestion, et procure une "chaude énergie ".

Dans son régime macrobiotique standard, il recommande de prendre 5% du volume total de nourriture sous forme de soupe miso ou de tamari (jus de soja extrait du miso fermenté); soit un ou deux petits bols chaque jour.
Le miso a été recommandé pendant des siècles comme remède populaire contre le cancer, la digestion difficile, le tabagisme, la faible libido et les allergies alimentaires.

Environs 75% des Japonais commencent leur journée par une soupe miso. Et vous ?

Les origines du miso

Le miso est connu en chine depuis environs 2500 ans sous le nom de Jiang. Il aurait été introduit par la suite au Japon au VIIe siècle. Au VIIIe siècle, ce dernier occupait déjà une place importante et faisait même partie du salaire des agents gouvernementaux, avec le riz, le sel, le soja et d'autres types de fèves et de grains. Mais c'est à partir de l'époque Muromachi après 1336 que le miso devint un aliment de base de la cuisine japonaise. Et, c'est dans le pays du soleil levant que ce produit prit ses lettres de noblesse !
Aujourd’hui, le soja utilisé pour sa fabrication provient essentiellement de chine où les superficies permettent une plus grande production.

La fabrication du miso relève d'un art complexe dont l'importance en Asie se compare à celle du fromage ou du vin en Europe.
Et traditionnellement, une femme japonaise doit savoir préparer la soupe au miso pour pouvoir se marier !

Des propriétés exceptionnelles

Remarque :
Les informations fournies par Vajra sont de simples conseils nutritionnels et ne peuvent en aucun cas se substituer aux recommandations des professionnels de la santé!

Le miso est un tonique digestif. Des bactéries friandes d'acide prolifèrent dans le miso non pasteurisé. Elles stimulent la flore intestinale et améliorent la santé et l'endurance.
On le préfèrera non pasteurisé, car il fournit davantage de vitamines, de minéraux, d'enzymes et de nutriments fondamentaux.
Les enzymes qui contribuent à la fermentation du miso lors de sa fabrication, sont les mêmes que celles qui aident à la digestion d'un repas.

Il est aussi une excellente source de lactobacillus, qui :
-favorise la régénération d'une bonne flore intestinale,
-lutte contre les micro-organismes indésirables,
-et facilite l'absorption de substances nutritives.

Les bactéries que l'on trouve dans l'intestin grêle sont également bénéfiques pour lutter contre:
-la constipation,
-les infections à levure (candidoses),
-et l'intolérance au lactose

De plus, le miso : stimule la sécrétion gastrique et évite la putréfaction causée par la digestion des protéines animales.

Le miso contient plus de 12% de protéines; la fermentation les scinde en dix-huit acides aminés, dont huit essentiels, et en permet ainsi une bonne assimilation.
La fermentation permet également l'apparition d'acides gras essentiels et rend digeste les glucides, responsables de flatulences après un excès de tofu (fromage de soja) ou de tonyu (lait de soja).

Mieux que la pomme proverbiale chaque jour qui vous préserve du docteur, le bol de soupe miso chaque jour ajoutera du tonus à votre vie.

Qu'en est-il des inconvénients, que peuvent procurer les produits à base de soja non fermenté ?
Les modifications biochimiques dues à sa fermentation font du miso un aliment hautement digeste et assimilable sur le plan des protéines.
Cette fermentation a aussi l'avantage de détruire les toxines du soja, comme l'acide phytique, et d'en faire un aliment sain.
Le miso, comme tout produit fermenté dérivé du soja ( tamari, soyu, natto ... ) n'apporte donc pas de d'inconvénients.

Et sur le plan médical ?
D'après le livre de Suzanne Dionne*, basé sur de nombreuses recherches médicales, le miso rassemble les propriétés suivantes :

- une Protection contre la radioactivité
- une Action détoxifiante
- une Action antioxidante
- Une aide à la prévention des cancers
- une Réduction du nombre d'allergies alimentaires
- une Atténuation des problèmes digestifs
- une Prévention de l'hypertension artérielle.
-Le miso diminuerait aussi l'intoxication par le tabac et l'alcool. Il faciliterait l'élimination de la nicotine ainsi que de l'aldéhyde, issue de l'alcool oxydé, qui provoque maux de tête et étourdissement.
-Le miso améliore la longévité.

Selon la diététique chinoise,

Le miso de soja et de blé est de saveur salée et douce, de nature neutre et correspond particulièrement aux organes des reins, de la rate et de l'estomac. Il renforce les fonctions de l'estomac et stimule l'appétit. Il prévient les intoxications alimentaires dues aux poissons, à la viande, aux légumes et aux champignons. En application externe, il atténue les brûlures.

La saveur salée est Yin, de nature descendante et spécifiquement liée aux reins et à leur " organe atelier " : la vessie. Elle sera donc particulièrement bénéfique à ces deux organes, en juste quantité, mais également particulièrement nuisible en excès.
La saveur salée a la propriété de ramollir ce qui est anormalement dur. Grâce à son pourvoir de pénétration lui permettant de ronger même l'acier, elle a la capacité d'assouplir les "stagnations", les tumeurs et d'éliminer les blocages.
De par sa nature descendante, elle aide au transit intestinal.

Recommandation

- Malgré ces nombreuses propriétés, le miso concentre particulièrement le sel et ne doit donc pas faire l'objet de consommation excessive: tout excès de sel nuit aux reins. C'est dans la durée, à petite doses régulières que le miso sera bénéfique à votre santé.
Dans la soupe miso, Aveline Kushi met généralement une cuillère à café de miso par tasse de liquide. Cette proportion peut servir de règle facile à retenir pour cuisiner.

- Pour acquérir ses propriétés nutritionnelles et médicales, le miso doit être de fabrication traditionnelle et non industrielle : cette dernière utilise un processus rapide à haute température automatisé et sans vieillissement réel. Il faut éviter les fermentations accélérées en cuves d'inox ou de plastique : elle ne parviennent pas à fournir les saveurs subtiles générées par un vieillissement en fûts de cèdre.
On évitera également, le " koji " préparé à l'aide d'un processus automatisé ; ce qui exclut la multitude "d'organismes sauvages" qui personnalise le miso et sont bénéfiques à la digestion.

" Le miso normalisé " possède un goût uniforme et une consistance invariable. Bon marché à produire, il est de qualité terne, plate et sans vie comparé au miso de fabrication traditionnelle.

- Pour garder toutes ses propriétés, le miso ne doit pas être bouilli. On préférera donc l'ajouter en fin de cuisson, après l'avoir préalablement dilué dans un peu d'eau. On le choisira également non pasteurisé pour conserver cette abondance d'enzymes qui ne résiste pas à une cuisson prolongée.

- Il est recommandé de le garder, selon sa convenance, au réfrégérateur pour conserver sa fraîcheur et ses qualités. Des températures élevées encouragent la fermentation, ce qui assombrit la couleur, modifie la saveur du miso et peut conduire à une accumulation de pression dans l'emballage.

- Nous recommandons le Miso Bio, sans Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) dont nous ne connaissons pas réellement l'impact sur le merveilleux équilibre de la vie.


Pourquoi Vajra a choisi le miso Clearspring ?

Le miso Clearspring est toujours fait aussi lentement et authentiquement que possible, une pratique rare dans ce monde pressé!... Clearspring soutient tout particulièrement des producteurs passionnés traditionnels.
Le miso Clearspring est fabriqué avec des ingrédients biologiques, garantis sans OGM, et du " koji " fait à la main regorgeant de puissantes enzymes digestives. Puis les céréales et les haricots de soja entier, avec toutes leurs propriétés nutritives, subissent une cuisson longue et lente. Enfin le vieillissement en fûts de cèdre naturel lui confère toute sa richesse et sa subtilité.

Malheureusement, même au Japon, très peu de misos restent fabriqués de façon traditionnelle. La grande majorité des misos de moindre qualité sont aujourd'hui fabriqués en seulement quelques semaines. De nos jours, on utilise un processus de fabrication rapide à haute température automatisé, sans vieillissement réel, et donc de moindre qualité.

Les principalesvariétés de miso (suite)

Les 5 vertus santé du shiitaké

Second champignon le plus cultivé au monde, le shiitaké s’est taillé depuis vingt ans une réputation internationale. Et pour cause : des chercheurs ont constaté qu’il renforce nos défenses naturelles ! 

1) Le shiitaké prévient le vieillissement

Le shiitaké est un champignon qui pousse sur un chêne asiatique appelé « shii ». Consommé depuis des millénaires en Asie, il est apprécié pour sa texture douce, son goût boisé et ses vertus nutritives. Mais il est considéré surtout comme un remède de longévité. C’est dans les années 80 que les scientifiques japonais ont commencé à s’y intéresser : ils le soupçonnaient d’avoir une action anticancéreuse. Ce qui s’est confirmé. « Aujourd’hui, il est largement utilisé dans le monde entier en complément des chimiothérapies », affirme Franck Dubus, docteur en pharmacie, formateur en plantes médicinales Son action immunostimulante, qu’il doit à ses polysaccharides (sucres complexes), en fait aussi un antiviral intéressant. Et il pourrait se révéler utile dans le traitement de maladies de l’immunité comme le sida.
Le shiitaké est un bon antioxydant, une propriété qui serait due à la présence de ses composés phénoliques (ou polyphénols). « Ces molécules protègent les cellules en “piégant” les radicaux libres, explique Franck Dubus. Leur consommation régulière, avec celle d’autres anti­oxydants, fait la différence sur le long terme. Elle ­limite le développement des maladies cardio-vasculaires et aide à prévenir le vieillissement. »
Regardez la vidéo : Les antioxydants contre le vieillissement de la peau
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Retrouvez la vidéo "Les anti-oxydants contre le vieillissement de la peau" sur

2) Le shiitaké lutte contre les virus et le cholestérol

L’une des propriétés phares du shiitaké est de stimuler le système immunitaire. Ses polysaccharides augmentent en effet la production des globules blancs, qui aident l’organisme à lutter contre les virus. « Ainsi, ces derniers sont repérés plus vite et les cellules capables de les combattre sont plus nombreuses », souligne notre expert. Le shiitaké est donc souvent prescrit pour prévenir la grippe, le rhume… Il est aussi intéressant en bain de bouche en cas de gingivite ou d’aphte.

3) Il fait baisser le cholestérol

« Le shiitaké est une bonne source de fibres alimentaires contribuant à faire baisser le taux de lipides dans le sang », constate Franck Dubus. Mais ce n’est pas tout : il contient également un composé, appelé éritadénine, au pouvoir hypocholestérolémiant (il diminue le taux de cholestérol sanguin). Une action là encore confirmée par des études scientifiques.
>> A découvrir aussi : Notre dossier spécial cholestérol

4) Le shiitaké combat le cancer et le sida

Depuis une quinzaine d’années, le shiitaké est associé aux chimiothérapies. Car l’un de ses polysaccharides (le lentinane) renforcerait l’action des cellules « ­tueuses » contre les tumeurs, ont montré plusieurs études. Il est utilisé par certaines équipes médicales en injections intraveineuses et à fortes doses dans les cancers du pancréas, du foie et de l’intestin. Des essais portant sur d’autres types de cancer sont en cours.

5) Il est utile contre le sida

Ce champignon a une action très ciblée sur le système immunitaire. Son usage se justifie donc dans les maladies s’accompagnant d’une déficience de l’immunité, comme le sida. « Des études menées par le Dr ­Chevalier au CHU de Rennes ont montré que le shiitaké améliorait l’état général des patients, précise notre expert.Il prévient aussi la survenue de maladies opportunistes (infections survenant lors d’un déficit immunitaire). »
>> A découvrir aussi : Les aliments anti-âge à adopter d'urgence

Faites vous-même une potion anti-âge à base de shiitaké

Ingrédients:
- 1 ou 2 shiitakés (frais ou secs
- 1 pincée de curcuma
- 1 pincée de poivre
- 1 pincée de semences de fenouil- Persil ou céleri
- 1 c. à café de tamari
- 1 c. à café de crème de coco
- Pour un bol, mélangez le curcuma, le poivre, les semences de fenouil écrasées et les shiitakés émincés avec de l’eau froide. Laissez frémir quelques minutes, puis faites infuser. Parsemez de persil ou de feuilles de céleri finement hachées. Versez un peu de tamari (condiment à base de soja) pour saler, puis ajoutez la crème de coco.
Riche en vitamines, cette potion se prend avant le repas pour profiter au mieux des vertus du shiitaké.
Où le trouver ?
Dans les magasins bio, sous forme de champignons secs (à réhydrater) ou frais (bio), en gélules ou ampoules.
Dans les magasins de produits asiatiques, le plus souvent présenté sous forme déshydratée.

Comment l’utiliser ? 
Il est conseillé d’en faire des soupes pour profiter des principes actifs, car les polysaccharides du shiitaké se diluent dans l’eau.
* Recette proposée par www.drhumana.fr
Lu sur: topsante.com
 

La culture des shiitakes chez soi

samedi 21 février 2015

Ubuntu, je suis parce que nous sommes

Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a mis un panier de fruits près d’un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits. Au signal, tous les enfants se sont élancés en même temps …… en se donnant la main !! Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense…

Lorsque l’anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors que l’un d’entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : « Comment l’un d’entre nous peut-il être heureux si tous les autres sont tristes ? »

Ubuntu est une philosophie humaniste africaine fondée sur une éthique du solidarisme reposant sur la relation à l’autre. C’est la militante libérienne Leymah, Gbowee, prix Nobel de la paix, qui en a donné une définition à méditer : « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous », opposant ainsi le solidarisme à l’individualisme.
Nelson Mandela, l’ex-Président sud-africain, après ses 27 ans en prison pour défendre la liberté des Noirs avant la sienne propre, met l’accent sur deux points de l’Ubuntu que sont l’hospitalité du peuple noir mais aussi le problème de l’enrichissement personnel. Au lieu d’une définition, il préfère raconter la petite histoire que voici : « Un voyageur à travers un pays s’arrêterait à un village et il n’a pas eu à demander de la nourriture ou l’eau. Une fois qu’il s’arrête, les gens lui donnent à manger, le divertissent ». C’est un aspect d’Ubuntu, mais il y a un autre aspect important. « Ubuntu ne veut pas dire que les gens ne devraient pas s’enrichir. La question est donc : qu’allez-vous faire afin de permettre à la communauté autour de vous d’être en mesure de progresser ? ». Chacun pourra y réfléchir car il s’agit bien de donner un sens à la vie, mais aussi un sens au rôle dans la communauté.
Un autre prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu, évoque Ubuntu en s’appuyant sur un dicton local : « L’Ubuntu est l’essence de l’être humain. Ubuntu signifie que vous ne pouvez exister en tant qu’être humain en isolation. Ubuntu rappelle notre interdépendance. Vous ne pouvez pas être un humain rien que vous seul ; et quand l’on vous reconnaît la qualité d’Ubuntu, vous êtes reconnu et réputé pour votre générosité. Nous nous pensons beaucoup trop souvent juste comme des individus, séparés des uns des autres, alors que nous sommes connectés et ce que nous faisons affecte le monde entier. Lorsque nous faisons bien, cela rayonne et profite à l’ensemble de l’humanité ».
Voici quelques concepts qui font d’Ubuntu un excellent outil de justice et de résolution de conflit. Ubuntu
– est à opposer à la vengeance ;
– est inextricablement lié aux valeurs qui accordent une grande importance à la dignité, la compassion, l’humanité et le respect pour l’humanité de l’autre;
– impose un changement qui consiste à passer de la confrontation à la médiation et à la conciliation, plutôt que l’hostilité et l’intransigeance, voire l’éloignement des parties lors d’un différend ;
– prescrit d’avoir des attitudes positives et de partager en commun les appréhensions ;
– favorise le rétablissement de l’harmonie dans la relation entre les parties et afin que l’harmonie restaure la dignité de l’un sans pour autant ruiner les intérêts de l’autre ;
– favorise la justice réparatrice, celle qui restaure plutôt que la justice distributive, celle qui enlève ;
– favorise la compréhension mutuelle plutôt que la punition ;
– propose les rencontres en tête à tête des parties en conflit en vue de permettre de réduire les différences et de parvenir à une solution concertée plutôt que de promouvoir le conflit et la victoire pour le plus puissant ou celui qui a raison parmi les protagonistes ;
– favorise la civilité et le dialogue courtois sans hypocrisie fondée sur la tolérance mutuelle.
Quel manager, dans la conduite de ses équipes, ne gagnerait à s’inspirer d’une telle sagesse ancestrale ?
Merci à http://amaizo.info qui traite du savoir au service de l’interdépendance.

 souriezvousmanagez.com

La France est-elle une démocratie ?

L’idée que la France est une démocratie est généralement acceptée par la plupart des observateurs, en particulier à l’étranger, sans que la question fasse débat. Il est cependant permis d’examiner cette assertion en détail, et les choses nous apparaissent alors moins nettes.
La démocratie consiste en un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. "Par le peuple", la chose paraît difficile lorsque l’on parle de nations comptant des millions de citoyens - bien qu’à la vérité, l’expérience n’ait jamais été tentée - voici pourquoi la France a fait, comme tous les autres pays, une entorse à ce principe en y substituant le gouvernement "par les représentants du peuple". C’est ce que l’on appelle la démocratie indirecte. Les citoyens élisent donc librement ceux qui vont porter leur parole au sein d’une assemblée où ils débattront. Ce système est en soi imparfait, car bien sûr, celui que j’élis, par exemple, parce que ses opinions sont proches des miennes en matière économique n’aura pas nécessairement les mêmes idées que moi en matière de défense, de moeurs, de diplomatie, etc... Se rajoutent à ce défaut ontologique trois biais spécifiques au cas Français.


- En premier lieu, l’assemblée dont nous parlons n’a de compétence qu’en matière de pouvoir législatif. Le pouvoir exécutif rend des comptes au Parlement, mais les ministres ne sont pas élus par le peuple. De fait, ce n’est le cas nulle part dans le monde, la situation Française se caractérisant du reste par un degré de démocratie légèrement supérieur à la moyenne en ceci que le Président de la République, qui exerce de fait les fonctions de chef de gouvernement, est directement élu par les citoyens. Notez enfin que le pouvoir judiciaire, entre les mains de fonctionnaires de carrière, est largement hors de portée du suffrage populaire, et que la souveraineté du peuple ne s’y exerce que par le rare et folklorique truchement des jurys d’assises.


- En second lieu, le pouvoir législatif du Parlement est strictement encadré par l’exécutif, qui décide de l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale. Les députés n’ont donc aucun moyen de débattre d’un sujet qui n’aurait pas l’agrément du Président de la République, une spécificité Française qui réduit considérablement la souveraineté et la crédibilité du Parlement.


- Enfin, le parlement se compose de deux chambres, l’Assemblée Nationale et le Sénat. Ce dernier n’est pas élu au suffrage universel, mais par le vote des "grands électeurs", principalement les maires. Ce système avait, à l’origine, pour unique objet d’empêcher la gauche d’arriver au pouvoir, en donnant autant de voix à quelque obscure bourgade agraire du bocage Normand qu’à Paris et ses hordes d’ouvriers bolcheviques. Ce système à l’antidémocratisme patent est toujours en place de nos jours, car il est impossible de réformer la constitution sur ce point sans avoir l’aval du Sénat...

Dans la pratique, le Parlement n’a que le pouvoir de voter servilement les lois qui lui sont proposées par le gouvernement ou, de plus en plus souvent, directement par les groupes de pression économiques ou moraux qui font le siège du Palais Bourbon. Lorsque le parlement vote mal, on le fait revoter, comme on l’a vu récemment.

Il n’existe que peu de reliquats de véritable démocratie dans la pratique du pouvoir. Les citoyens ont rarement voix au chapitre. Souvenons-nous que le dernier référendum national date de quatre ans - la pratique du référendum local étant très marginale - et que l’actuel Président de la République s’était fait fort, durant sa campagne, de n’en organiser aucun durant son mandat, sous prétexte que le peuple est bête et qu’il ne comprend pas les questions qu’on lui pose. On ne saurait mieux faire l’éloge de l’oligarchie. En somme, tout se passe comme si la démocratie "à la Française" consistait à se déplacer au bureau de vote une fois tous les cinq ans, et à obéir servilement le reste du temps.

Cela pourrait effectivement passer pour une sorte de démocratie, dévoyée, mais enfin, qui aurait sauvegardé l’essentiel : le choix du peuple. Mais là encore, dans la pratique, tout s’est mis en place depuis des années pour réduire la pertinence de ces choix, toujours en raison du fait que le peuple est bête et mal éduqué et qu’il ne connaît pas son intérêt, la preuve, c’est qu’il ne vote pas comme on veut. Qui se souvient du référendum sur le quinquennat ? Sous le premier mandat de Jacques Chirac, celui-ci avait eu l’idée brillante - qui traînait en fait dans l’air depuis un bon moment - de ramener le mandat du Président de la République de 7 à 5 ans. Voilà qui va dans le bon sens, bêla-t-on alors de conserve, car cela signifiait que l’on aurait le droit de choisir plus souvent ceux qui nous gouvernent. Mais il n’en a rien été, et voici pourquoi. Jadis, le mandat du Président étant de sept ans et celui des députés de cinq seulement, ils se retrouvaient décalés. Au cours d’un septennat, on pouvait donc changer deux fois ceux qui nous gouvernaient, la première fois à la Présidentielle, la seconde cinq ans plus tard aux Législatives. En moyenne, l’élection décisive se déroulait donc tous les 3,5 ans. Avec le quinquennat, les deux élections étant synchronisées, on ne vote qu’une fois tous les 5 ans. Le voyez-vous mieux, le progrès démocratique ? De fait, si on examine les évolutions constitutionnelles intervenues ces vingt dernières années, on s’aperçoit qu’il n’y a jamais eu la moindre avancée ayant permis de redistribuer un peu de pouvoir au peuple. Ou plutôt si, il y en eut un : en 2005, on avait inclus un - dérisoire - alinéa pour obliger à passer par voie référendaire lorsqu’il s’agirait de ratifier toute nouvelle adhésion d’un pays à l’Union Européenne. C’était pour rassurer les Français au sujet de la Turquie. L’alinéa en question a depuis mystérieusement disparu à l’occasion du dernier chambardement constitutionnel voulu par le Président Sarkozy (c’était officiellement pour moderniser les institutions, on ne voit pas bien le rapport).

Du point de vue institutionnel, tout est fait pour protéger de plus en plus les élus contre les méfaits du suffrage universel. Mais les institutions ne sont pas tout, il y a aussi, et surtout, les usages, le contexte social dans lequel s’opère le choix du peuple. Ainsi, la liberté d’expression est-elle généralement considérée comme nécessaire à la pratique démocratique, car seul un citoyen bien informé peut voter en connaissance de cause. Cette liberté est garantie par la Constitution. Sauf dans certains cas prévus par la loi afin d’éviter des "abus". Quels sont ces cas ?


- Injure

- Diffamation

- Divulgation d’éléments relatifs à la vie privée

- Divulgation de données fiscales

- Entorse à la propriété intellectuelle

- Négation de génocide

- Citation de marque commerciale dans un medium grand public

- Dénigrement de marque commerciale

- Pédopornographie

- Incitation à la haine raciale

- Non-respect de la présomption d’innocence

- Non-respect du secret de l’instruction

- Non-respect du "droit à l’image"

- Apologie du suicide, de la torture, de délits divers...

- Infraction au secret défense

- etc...
Il n’aura échappé à personne que si vous désirez empêcher quelqu’un de s’exprimer et que vous avez de l’argent à y consacrer, vous trouverez toujours dans cette liste non-exaustive au moins un moyen de faire taire le gêneur. Néanmoins, la Constitution garantit votre droit à la liberté d’expression. Il suffit juste que ce que vous avez à dire ne cause de chagrin à personne.

Cet arsenal juridique est d’autant plus ubuesque que dans les faits, les principaux organes de presse ont, depuis quelques années, tous basculé dans le giron de grands groupes industriels et financiers, amis et associés de l’actuel pouvoir, ce qui permet de s’interroger sur leur indépendance. L’enquête de fond n’ayant jamais été la spécialité de la presse Française, on comprend que l’Etat n’a, en somme, rien à craindre de ce côté là. C’est donc uniquement à destination des particuliers que l’on a, année après année, organisé cet étouffant système du "vous êtes libres de dire que vous êtes d’accord avec nous" qui conduit invariablement à nous donner le choix, à chaque élection, entre l’énarque de droite et l’énarque de gauche, qui sont d’accord sur tout et mèneront, avec des nuances de pure sémantique, des politiques indiscernables.

Plus on s’interroge sur la pratique démocratique dans notre pays, plus on est contraint de constater que le gouvernement "par le peuple" n’est pas à l’ordre du jour, et historiquement, il est vrai qu’il l’a rarement été. Qu’en est-il alors du gouvernement "pour le peuple" ? Car si la France de de Gaulle et Pompidou ne valait guère mieux en matière de censure et de respect des formes démocratiques, au moins peut-on créditer les hommes d’état de ce temps d’une certaine efficacité dans leur gouvernement. N’ont-ils pas relevé la France de ses ruines, et bâti un des pays les plus prospères du monde sur le socle d’une solide indépendance nationale ? Les années 50 et 60 n’ont pas manqué de scandales et d’affairistes, pourtant, on construisait, on entreprenait, on bâtissait l’avenir en investissant dans l’innovation et la jeunesse. En somme, si les institutions étaient déjà imparfaites, les politiciens de cette génération, issus de la guerre et de la résistance, étaient dotés d’une qualité morale et intellectuelle suffisante pour n’en point trop tirer profit à leur avantage personnel.

On ne peut certes pas en dire autant de la génération actuellement au pouvoir.

vendredi 20 février 2015

Un rapport sur les perturbateurs endocriniens caviardé à la Commission européenne

31 pesticides, représentant un marché de plusieurs milliards d'euros, auraient pu être interdits si un rapport sur les perturbateurs endocriniens n'avait pas été amendé par la Commission européenne. Un article du Guardian.

Un rapport commandité par la Commission européenne, consulté par un journaliste du Guardian, soulignait la dangerosité de certains perturbateurs endocriniens. Il recommandait de mettre en place des moyens d'identification et de classification de ces substances chimiques qui seraient responsables d'anomalies fœtales, de mutations génétiques, d'infertilité et d'autres menaces pour la santé humaine, du cancer à une diminution du QI.

Des sources à la Commission affirment que ce rapport a été caviardé par des fonctionnaires européens, suite aux pressions des firmes chimiques, qui utilisent des perturbateurs endocriniens dans des produits de toilette, certains plastiques et cosmétiques. Le coût pour la santé humaine irait, selon certaines études, jusqu'à des centaines de millions d'euros.

Le rapport, non publié, souligne que les risques liés à l'exposition aux perturbateurs endocriniens, même à des taux très faibles, est si élevé que l'utilisation de ces substances ne devrait pas être autorisées ou interdites uniquement en fonction de leur puissance. Ses auteurs proposent des critères en vue d’une classification des perturbateurs endocriniens et la mise en place d'une stratégie d'interdiction basée sur ces critères qui auraient dû voir le jour l'année passée. Or c'est justement ce que la Commission européenne ne fait pas, pour l'heure.

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Cette classification a en effet été bloquée par les lobbys de l'industrie chimique, qui représentent entre autres Bayer et BASF, selon une source à la Commission. Elle a été remplacée par des mesures plus permissives et par un projet d'évaluation d'impact qui ne devrait pas être finalisé avant 2016.

« Nous étions prêts à appliquer les critères et les stratégies proposés dans le rapport, mais le bureau du Secrétaire général nous a dit d'oublier tout cela », a confié au Guardian une source au sein de la Commission. « Dans les faits, ces critères ont été enterrés. Nous avons laissé passer une législation affaiblie sur les biocides et les pesticides. »

>> Lire : L'Agence de sécurité des aliments désavoue la France sur la dangerosité du bisphénol A

Querelles entre directions générales

Le mois dernier, dans une lettre pluripartite, onze eurodéputés se sont plaints au commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis. Selon eux, l'Europe n'a pas réussi à respecter son mandat et à adopter les critères relatifs aux perturbateurs endocriniens.

Une interdiction aurait dû être adoptée en 2013. Aujourd'hui, ces critères sont l'objet d'une procédure de justice entamée par la Suède, le Parlement européen et le Conseil.

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Pour Catherine Day, qui occupe le poste clé de secrétaire générale de l'UE, ce retard est lié à une mauvaise communication entre les directions-générales de la santé (SANCO) et de l'environnement (ENVI), qui se partageaient les responsabilités du dossier.

« [Les deux DG] ont travaillé dans des directions opposées, ce qui n'a aucun sens. Le secrétariat général est donc intervenu pour les pousser à faire une évaluation d'impact commune, afin de produire une analyse sur laquelle la Commission puisse se baser », a-t-elle déclaré au Guardian.

« La Commission n'est pas tenue de publier ses documents de travail internes », indique un autre porte-parole de l'exécutif européen. « Comme vous le savez, la Commission agit en toute indépendance et dans l'intérêt général européen. »

Selon une théorie popularisée par le film Endocrination, la DG SANCO agit en tant que mandataire de l'industrie et protège ses intérêts lors de l'élaboration des politiques européennes.

« Nous nous sommes beaucoup querellé avec SANCO », confirme une source de la Commission. « À un moment donné, le secrétaire général a dû intervenir pour interrompre le processus, puis tout s'est arrêté. On nous a dit que nous devions nous mettre d'accord, SANCO et nous [ENVI], mais quand les deux DG sont finalement arrivé à un accord, à contrecœur, le processus a encore été bloqué par le secrétaire général. »

>> Lire : Consultation européenne en vue de restreindre l'utilisation du bisphénol A

Une décision contraire au mandat de protection des citoyens

Angeliki Lyssimachou, toxicologue de l'environnement pour le Réseau d'action contre les pesticides européen (PAN), explique : « Si les critères d'interdiction proposés par la Commission avaient été correctement appliqués, 31 pesticides seraient aujourd'hui interdits. Le mandat de la législation liée aux pesticides - la protection des êtres humains et de l'environnement face aux faibles taux de perturbateurs endocriniens présents dans les pesticides - aurait alors été respecté. »

Au lieu del’identification de la présence de substances imitant les hormones initialement proposée, la feuille de route actuelle de l'UE favorise une réglementation basée sur la puissance des perturbateurs endocriniens. Selon cette solution, recommandée par l'industrie, l'UE fixerait un seuil sous lequel l'exposition aux perturbateurs endocriniens à faible puissance serait considérée comme non dangereuse, même si aucune étude n'a été menée sur les effets à long terme de cette exposition sur les êtres humains.

Les lobbys de l'industrie et de l'agriculture soutiennent cette approche, tout comme le Royaume-Uni et certains ministres allemands. Selon eux, les conséquences socio-économiques d'une interdiction de ces 31 pesticides et biocides seraient désastreuses pour les communautés agricoles.

Une décision coûteuse

Selon une étude de la National Farmers' Union (NFU) de 2014, l'interdiction des produits protégeant les cultures pourrait coûter jusqu'à 40 000 emplois et 2,3 milliards d'euros (soit 36 % des profits actuels) à l'industrie agricole britannique.

Une étude du PAN estime quant à elle que selon les critères actuellement envisagés pour la feuille de route, seul entre zéro et sept pesticides pourraient être interdits.

Jean-Charles Bocquet, directeur de l'Association européenne de protection des cultures, a cependant déclaré que « dans le pire des cas », son groupe de vente de pesticides estimait que jusqu'à 60 produits pourraient être retirés des rayons parce qu'ils contiennent un taux de perturbateurs endocriniens trop élevé.

Ces produits, dont beaucoup appartiennent à la famille du triazole, représentent plus de 40 % du marché européen, soit environ 8 à 9 milliards d'euros, selon l'Association européenne de protection des cultures.

« Nous devons envisager la question des perturbateurs endocriniens en petite quantité et peu influents d'une manière qui prenne en compte le risque qu'ils présentent, mais aussi leurs bénéfices potentiels », souligne Jean-Charles Bocquet. « C’est comme avoir une voiture très puissante, tant qu'on la conduit avec attention, sans prendre de risques, on ne blessera personne. »

Des inconnues de taille

La première proposition de la Commission soulignait cependant qu'il faudrait des décennies de recherches intergénérationnelles pour quantifier les risques liés aux perturbateurs endocriniens, et qu'il serait donc sage d'adopter une approche plus axée sur la précaution.

La puissance des perturbateurs endocriniens « n'est pas un critère pertinent dans la détermination de leur dangerosité », selon le rapport. « La puissance, prise en compte seule, ne permet pas d'établir si le danger est élevé/faible. Elle n'a de sens que si on la combine avec l'exposition et les incertitudes qui demeurent quant aux perturbateurs endocriniens. »

Une exposition continue à de fortes doses d'une substance à faible puissance peut être plus dangereuse qu'une exposition ponctuelle à de faibles doses de substances très puissantes. « Il n'existe aucune méthode scientifique pour définir un seuil en fonction de la puissance des perturbateurs. Cette décision est toujours basée sur les effets », peut-on lire dans le rapport de la Commission.

Le système endocrinien humain synthétise des messagers chimiques - les hormones - dans un tissus avant de les transporter dans un autre tissus via le système circulatoire, mais on n'en sait pas beaucoup plus sur la façon dont ce processus fonctionne.

Les preuves scientifiques semblent indiquer que les effets des perturbateurs endocriniens chez les humains, comme la baisse de qualité du sperme ou les malformations génitales (testicules non-descendus, hypospades etc) augmentent.

Une étude récente de la faculté de médecine de l'université de Washington a listé 15 perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques, les produits de soins et de nettoyage qui auraient des effets sur la ménopause précoce.

Lisette van Vliet, conseillère politique de l'Alliance de la santé et de l'environnement, dénonce les pressions exercées par le Royaume-Uni, les ministères allemands et l'industrie pour ralentir la protection des citoyens contre les maladies chroniques et les dommages environnementaux.

« En réalité, il s'agit de décider si l'UE utilise ouvertement et honnêtement les meilleurs avis scientifiques pour identifier les perturbateurs endocriniens, ou si les intérêts de certaines industries et deux ministères ou agences de deux pays parviennent à leurs fins, au détriment de la protection de la santé publique et de l'environnement », souligne-t-elle.

Catherine Day rétorque que le système endocrinien est un domaine beaucoup plus complexe que ce que décrivent certaines ONG.

« Je n'ai pas besoin de dire que notre position n'a pas été influencée par l'industrie, ou qui que ce soit d'autre », a-t-elle déclaré. « Ce qui nous importe, c'est la qualité et la cohérence des travaux de la Commission, mais certains ne sont pas prêts à attendre. »

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