mercredi 30 septembre 2015

Au-delà de l’extinction


par Nafeez Ahmed (article initialement publié le 28 juillet 2015, en anglais, ici).
Dans l’excellent essai de Margaret Atwood sur le changement climatique — et ses implications pour le futur de la civilisation dépendante du pétrole — sont racontées deux histoires très différentes, deux versions de futurs hypothétiques.
La première histoire est une dystopie — un futur tellement sombre que les réalisateurs de blockbusters hollywoodiens (post-)apocalyptiques en saliveraient d’impatience. Dans cette histoire, Atwood nous raconte l’épopée de l’échec humain : de choix à courte vue basés sur notre addiction fatale au statu quo, et d’un hubris égoïste ancré dans des siècles de mondialisation.
Le monde post-apocalyptique de Mad Max: Fury Road
Dans ce scénario, nous ignorons largement les preuves accablantes du changement climatique, ce qui fait entrer la civilisation industrielle dans une période d’effondrement prolongé, qu’alimentent conflits naissants, famines et catastrophes naturelles.
La seconde histoire est une utopie — un monde de rêve collectiviste dans lequel tout le monde coopère, en mobilisant le meilleur de l’ingénuité humaine à travers la société, l’économie, la politique et la technologie, pour restructurer pacifiquement les fondamentaux de l’existence humaine. Dans cette histoire, Atwood nous conte l’épopée du succès humain : de décisions clairvoyantes basées sur la confrontation des folies du maintien du statu quo et sur la pleine acceptation de notre unité en tant qu’espèce.
Image d’un futur techno-utopique, par Staszek Marek
Dans ce scénario, nous nous confrontons et réagissons face aux preuves accablantes du changement climatique, ce qui fait entrer la civilisation industrielle dans une période minutieusement calibrée de transition vers une techno-utopie post-capitaliste, aux infrastructures post-matérialistes, nous faisant éviter le pire des avertissements des scientifiques d’aujourd’hui.

A la croisée des chemins

Bien sûr, ces deux scénarios sont des extrêmes, mais ces extrêmes portent une signification. Atwood utilise le pouvoir du conte pour nous aider à prendre conscience de la sévérité — et de la gravité — du choix auquel nous faisons face : un choix, effectivement, entre l’enfer et le paradis sur Terre.
Atwood marque un point lorsqu’elle souligne qu’il ne s’agit pas seulement de changement climatique.
L’accumulation colossale de données scientifiques au cours des dernières décennies nous a bien fait comprendre le fait que la crise climatique était le symptôme d’un problème civilisationnel bien plus profond. Ce n’est pas simplement que nous soyons complètement et entièrement dépendants des combustibles fossiles, du pétrole, du charbon et du gaz, pour mener à bien quoi que ce soit dans nos sociétés — du transport à la nourriture, en passant par l’art et la culture.
Il s’agit du contexte plus large englobant cette dépendance structurelle : la disponibilité de combustibles fossiles bon marché permettant la croissance économique exponentielle et ayant commencé avec la révolution industrielle ; la relation symbiotique entre croissance économique et système bancaire qui a pu submerger le monde entier de prêts et de crédits sur le dos de réserves de pétrole bon marché qui paraissaient intarissables ; l’expansion inexorable du capitalisme anglo-européen à travers l’impérialisme et l’esclavage ; la transformation et la militarisation du capitalisme mondial sous l’égide des USA, accompagnée par le contrôle et la possession de la plupart des terres du monde, de la nourriture, de l’eau, des ressources minérales et de l’énergie, par un tout petit groupe d’êtres humains ; l’assujettissement des ressources planétaires à l’impératif de croissance infinie, décidé par cette poignée d’humains, alors qu’elle cherche, de manière tout à fait rationnelle dans une telle structure, à maximiser ses profits.
L’écocide en résultant — avec des extinctions d’espèces qui atteignent des records, la dégradation et la destruction critique d’écosystèmes qui se produisent maintenant à une échelle sans précèdent — n’est pas pris en compte dans les calculs étroits des bilans mensuels de ces puissants conglomérats de banques et autres corporations.
Le changement climatique n’est qu’un symptôme d’une crise de civilisation bien plus vaste.

L’effondrement

Le mois dernier, j’ai effectué un rapport en exclusivité sur le développement d’un nouveau modèle d’anticipation à l’université Anglia Ruskin, avec le soutien du gouvernement britannique. Le modèle montrait qu’en suivant une trajectoire maintenant le statu quo, la civilisation industrielle telle que nous la connaissons s’effondrerait probablement d’ici 25 ans, en raison de crises alimentaires mondiales déclenchées par l’impact du changement climatique sur les principales régions agricoles du monde.
Le modèle montrait, cependant, que cette issue n’était absolument pas inévitable — d’ailleurs, ses créateurs expliquaient qu’une telle trajectoire était irréaliste, étant donné que des changements politiques avaient eu lieu en réaction aux chocs alimentaire et pétrolier de 2008. Bien qu’inadéquat, cela signifie qu’à mesure de l’accélération des crises se présenteront des opportunités de changement.
La question, bien sûr, c’est de savoir s’il sera alors trop tard.
Une étude largement relayée, tirée du Science Advances publiée en juin, conclut à l’aide d’hypothèses extrêmement conservatrices qu’une « perte exceptionnellement rapide de biodiversité » s’était produite « au cours des derniers siècles ». L’échelle de cette perte indique « qu’une sixième extinction de masse est déjà en cours ». Bien qu’il soit toujours possible d’éviter la perte des services écosystémiques essentiels à la survie humaine, à travers « des efforts de conservations intensifs », la fenêtre d’opportunité pour le faire « se referme rapidement ».
De nombreuses preuves viennent appuyer ces découvertes. Une autre étude, en mai, estime que si le réchauffement climatique continuait au rythme actuel, une espèce sur six serait menacée d’extinction:
« Les risques d’extinction liés au changement climatique vont non seulement augmenter mais aussi se multiplier à chaque degré d’élévation climatique. Le signe que représentent les extinctions liées au changement climatique sera de plus en plus apparent si nous n’agissons pas maintenant pour limiter le changement climatique futur ».
Le risque d’effondrement civilisationnel — voire d’extinction pure et simple — est peut-être le signe le plus clair nous alertant de la profondeur du problème que représente le système mondial d’organisation humaine, sous sa forme actuelle. Au point que celui-ci soit actuellement sur la voie de l’autodestruction.
Guerres, famines et troubles sociaux ont aujourd’hui lieu dans un contexte de crises climatique, alimentaire et énergétique interconnectées et croissantes. Les conflits au Moyen-Orient qui préoccupent les gouvernements occidentaux ont été déclenchés par un cocktail de sécheresse due au changement climatique, d’inégalités ancrées, d’épuisement du pétrole bon marché et de répression politique.
La spirale de violence terroriste en Irak, en Syrie, au Yémen et ailleurs — prétendument au nom de la religion — est aggravée par les réalités matérielles concrètes : la rareté de l’eau, la rareté de l’énergie, et la pénurie alimentaire.
Ce qui, bien sûr, devrait nous amener à poser la question suivante : quelle guerre menons-nous et pour quels intérêts ?
Des habitants inspectent un site endommagé par une frappe US dans la province d’Idlib, Syrie, 23 septembre 2014.
Le monde est verrouillé par une guerre de civilisations, chacune pointant l’autre du doigt : le monde occidental et sa « guerre contre la terreur » pour écraser les barbares musulmans et le monde musulman et son « djihad » pour repousser l’empire occidental. Ironiquement, aucun des camps ne pourrait exister sans l’autre.
A mesure de l’augmentation des difficultés économiques qui suivent le délitement du système mondial, cette violence réactionnaire contre l’Autre se normalise. Les communautés, à la recherche d’un objet sur lequel épingler leur anxiété, s’ancrent dans des catégories simplistes, et artificielles d’identités — identité politique, identité religieuse, identité ethnique, identité nationale.
Ces identités servent d’ancres au cœur d’un maelstrom d’incertitudes mondiales grandissantes, ainsi que de vecteurs commodes pour blâmer ceux qui se trouvent en dehors d’elles.
Mais bien que les deux camps soient consumés par leurs haines mutuelles, ils sont à côté de la plaque : le vrai problème n’est pas un choc de civilisations, mais une crise de LA CIVILISATION sous sa forme actuelle.

Extinction

Selon une autre étude innovante, publiée dans le magazine Science plus tôt cette année et ayant bénéficié de bien peu de couverture médiatique, tandis que nous sommes occupés à nous combattre les uns les autres, en surconsommant les ressources planétaires et en annihilant les écosystèmes dont nous avons besoin si nous souhaitons que l’humanité survive sur le long terme, nous contribuons à la déstabilisation permanente du Système Terre (ST).
Cette nouvelle étude développe un cadre spécifique pour comprendre les Limites Planétaires (LP) entre lesquelles il est possible de discerner un « espace opérationnel sûr » permettant aux sociétés modernes d’évoluer.
L’étude est le fruit du travail d’une équipe interdisciplinaire de scientifiques suédois, australiens, danois, canadiens, sud-africains, néerlandais, allemands, kényans, indiens, états-uniens et britanniques. En rappelant que l’époque longue de 11 700 ans que l’on appelle l’Holocène, est le seul état du Système Terre qui supporte clairement « les sociétés humaines contemporaines », les scientifiques concluent :
« De plus en plus d’éléments tendent à montrer que les activités humaines affectent le Système Terre à un niveau tel que cela menace sa résilience — sa capacité à perdurer dans un état de type Holocène face à des pressions humaines croissantes et aux chocs que cela entraîne. Le cadre des Limites Planétaires se base sur un processus critique qui régule le fonctionnement du Système Terre… [et] identifie des niveaux de perturbations anthropiques en dessous desquels le risque de déstabilisation du Système Terre demeure minime — un « espace opérationnel sûr » pour le développement sociétal mondial… La transgression des Limites Planétaires crée ainsi un risque substantiel de déstabilisation de l’état de type Holocène du Système Terre dans lequel les sociétés modernes ont évolué. »

Renouveau

Alors que l’on a beaucoup prêté attention à la nouvelle science de l’effondrement imminent, on s’est moins attardé sur la nouvelle science de la transition civilisationnelle.
Peut-être que la principale chose à retenir de ces signes d’avertissements concerne ce qu’ils nous apprennent sur le besoin non seulement de “changement”, mais de transformation systémique fondamentale.
La science de l’effondrement imminent ne prouve pas l’inéluctabilité de l’extinction humaine mais prouve l’inéluctabilité d’autre chose : l’extinction de la civilisation industrielle, sous sa forme actuelle.
Le modèle de croissance infinie du capitalisme mondial contemporain est plus qu’insoutenable — il s’apprête à déstabiliser le Système Terre à un niveau tel que cela pourrait rendre la planète invivable pour la société telle que nous la connaissons.
Ça n’est donc pas l’humanité qui est condamnée — c’est le capitalisme industriel.
Le choix auquel nous faisons alors face est le suivant : sommes-nous prêts à abandonner cette croissance matérielle infinie dépendante des combustibles fossiles ?
Bien que gouvernements et corporations souhaitent que nous restions persuadés que ce choix ne repose pas entre nos mains mais entre les leurs, ce sont, en réalité, ces deux institutions qui deviennent de plus en plus obsolètes à mesure de l’accélération des crises mondiales.
L’empire pétrolier vacille. L’industrie du schiste bitumineux états-unienne s’effondre sous le poids d’une dette écrasante et de profits en baisse. Les firmes canadiennes de pétrole et de gaz « saignent de l’argent » alors qu’elles connaissent les plus importantes baisses de profit depuis une décennie. L’industrie pétrolière britannique est « proche de l’effondrement », selon Robin Allen, dirigeant de l’association des compagnies britanniques indépendantes d’exploration pétrolière et gazière.
Les gouvernements qui demeurent sous le joug du lobby des combustibles fossiles mourront aux côtés de ces firmes.
A mesure qu’elles s’effondrent, à leur place, de nouvelles idées, structures et pratiques post-capitalistes et post-matérialistes émergent.
Un important recueil d’informations sur l’émergence du nouveau paradigme est le nouveau livre du Dr Samuel Alexander, un conférencier environnemental de l’université de Melbourne, chercheur à l’institut pour une société soutenable de Melbourne, et co-directeur de l’Institut de la Simplicité.
« Le principal problème, cependant, n’est pas de savoir si nous allons avoir assez de pétrole, mais si nous pouvons nous permettre de produire et de brûler le pétrole dont nous disposons », écrit Alexander dans Prosperous Descent : Crisis as Opportunity in an Age of Limits (Descente prospère : crise et opportunité à l’âge des limites – 2015).

« Tout comme le pétrole cher fait suffoquer les économies industrielles qui dépendent d’une énergie bon marché pour fonctionner, le pétrole bon marché propage et renforce le système actuel du capitalisme mondial, qui est sur la voie d’une croissance autodestructrice ».

La mort de l’âge du pétrole est, par conséquent, symptomatique de la fin du capitalisme lui-même.
« On ne peut pas simplement bricoler avec les systèmes et cultures du capitalisme mondial et espérer que les choses s’amélioreront comme par enchantement », ajoute Alexander dans Descente Prospère (2015).
« Ces systèmes et cultures ne sont pas les symptômes mais les causes de ce chevauchement de crises sociales, économiques et écologiques, ces systèmes et cultures doivent donc être remplacés par des formes d’organisations et d’interactions humaines fondamentalement différentes, dirigées et animées par des valeurs, des espoirs et des mythes différents.
Nous déciviliser de cette civilisation destructrice et construire quelque chose de nouveau, voilà le grand défi de créativité, encore indistinct, auquel nous allons faire face durant les décennies à venir — un défi à la fois d’opposition et de renouveau ».
Alexander démontre que la croissance économique conventionnelle du monde développé est devenue « socialement contre-productive, écologiquement insoutenable, et anti-économique ». Non seulement cela, mais de nombreuses preuves, comme la volatilité des prix, la stagnation des réserves énergétiques et l’échec de la résolution des instabilités du système financier mondial, suggèrent que le monde fait face à la fin imminente de la croissance, symptomatique du dépassement des Limites Planétaires.
Dans ce contexte, nous aurions besoin de ce que certains appellent « la décroissance » — qui peut se définir comme « une diminution équitable de la production et de la consommation qui augmenterait le bien-être humain et améliorerait les conditions écologiques ».
La décroissance ne signifie pas la fin de la prospérité mais la fin d’une forme d’économie particulièrement parasitique qui amplifie les inégalités tout en ravageant l’environnement. Si nous ne choisissons pas cette voie volontairement, en tant qu’espèce, nous avertit Alexander, il est probable que cela nous soit imposé d’une façon déplaisante en raison de l’insoutenabilité du statu quo.
Dans la mesure où Alexander rejette la capitulation résignée et fataliste à l’inéluctabilité de la dystopie, il nous avertit aussi des dangers que représente la foi aveugle en un Salut techno-utopique.
A la place, il lance l’idée de « simplicité volontaire » — un mode de vie dans lequel « les gens choisissent de restreindre ou réduire leur consommation matérielle, tout en recherchant une meilleure qualité de vie ».

Révolution

Le Dr Alexander explique que la simplicité volontaire est la seule voie permettant d’éviter l’effondrement civilisationnel. Et ce parce qu’elle implique une transformation systémique fondamentale de la civilisation — la transition vers un mode d’être qui ne dépend pas de la technologie mais qui utilise le meilleur de la technologie humaine pour reprogrammer la civilisation depuis ses fondations.
Au cœur de cette reprogrammation radicale on retrouve une transformation des relations entre l’humain et la nature : en s’éloignant du modèle top-down (de haut en bas ~ autoritaire) de l’organisation politique et économique et en se redirigeant vers des modèles participatifs d’autogestion locale, vers une agriculture locale et soutenable et vers l’équité dans l’accès à la production économique.
Cette transformation, en retour, nécessite et implique une nouvelle « esthétique de l’existence ». En se basant sur les écrits éthiques de Michel Foucault, Alexander souligne que « le moi » tel qu’on le connaît aujourd’hui est largement tissé par les structures de pouvoir dans lesquelles nous nous trouvons. En tant qu’habitants des sociétés consuméristes, nous avons internalisé le consumérisme de masse, ses valeurs égoïstes et sa vision du monde réductionniste, « souvent de manière subtile, voire insidieuse ».
Pourtant, Foucault a aussi montré que “le moi” n’était pas qu’une construction de la société mais qu’il agissait sur lui-même et pouvait se changer à travers un « auto-façonnage ». Quel type de personne devrait-on alors créer ?
« Étant donné que la surconsommation est la source de la plupart des problèmes les plus urgents du monde, il est possible que toute activité éthique requiert aujourd’hui que nous procédions à une réflexion critique sur nos propres subjectivités afin de refuser qui nous sommes — tant que nous ne sommes que des consommateurs dénués d’esprit critique. Ce Grand Refus ferait de la place pour la création de nouvelles formes de subjectivité post-consumériste, ce qui fait certainement partie de la révolution des consciences dont nous avons besoin pour créer une société basée sur « une vie plus simple ». »
Les sociétés post-capitalistes, post-matérialistes du futur représenteront, par conséquent, l’émergence non seulement d’une nouvelle forme de civilisation — mais d’une nouvelle forme d’être humain, d’une nouvelle façon de percevoir et d’être au monde.
Ce nouveau « moi » se fondera sur la perception de l’unité inhérente à l’espèce humaine, sur l’interdépendance de l’humanité et de la nature et sur une forme d’auto-développement basé sur la préservation, l’exploration et l’entretien de cette relation, plutôt que sur son exploitation.
Notre tâche aujourd’hui est d’accélérer le processus de transition vers le post-capitalisme en le créant et en l’implémentant ici et maintenant, dans les entrailles du système mourant. Il est possible que nous échouions — mais il s’agit justement d’élargir les horizons du présent afin de prendre connaissance des possibilités qui en découlent, de planter des graines qui pourraient ne germer que dans les années ou les décennies à venir, au fil des effondrements gouvernementaux et économiques.
Nous devons travailler ensemble pour esquisser de nouvelles visions, de nouvelles valeurs et de nouvelles manières de percevoir le monde; pour développer de nouveaux idéaux, de nouvelles éthiques et de nouvelles structures ; pour inventer de nouvelles politiques, de nouvelles économies, de nouvelles cultures de résistance et de renouveau.
Par-dessus tout, nous devons inventer de nouvelles histoires sur ce qu’être humain signifie. Comme Atwood nous le montre, nous avons besoin d’histoires qui parlent à la condition humaine, qui nous invitent vers un futur utopique, au-delà des contraintes de la présente dystopie, qui puissent nous aider à réfléchir aux défis actuels et à y répondre de manière collective, pour construire un lendemain qui ait du sens.
Peu importe les choix que nous ferons, une chose est sûre. Bien avant la fin de ce siècle, nos industries sous perfusion fossile ne seront rien de plus que les vestiges désuets d’une civilisation défunte.
Nafeez Ahmed

vendredi 18 septembre 2015

Comment la technologie entrave l’évolution et détruit le monde




Douglas Tompkins
Doug Tompkins, fondateur de « The North Face », à propos de ses différends avec Steve Jobs, et de la raison pour laquelle nous devons démanteler notre société techno-industrielle.

Doug Tompkins, fondateur de The North Face et d’Esprit, a joué un rôle déterminant dans la création de deux immenses réserves naturelles en Patagonie.
L’idée selon laquelle les innovations technologiques peuvent sauver le monde est devenue une sorte de mantra dans le mouvement du développement durable [et dans le mouvement écologique en général]. Mais plutôt que nous libérer, Doug Tompkins, cofondateur des marques The North Face et Esprit, pense que la technologie nous a asservis et qu’elle détruit la santé même de la planète dont dépendent toutes les espèces.
Tompkins, 70 ans, a utilisé l’immense fortune qu’il a acquise en vendant ces deux compagnies pour préserver plus de terre que n’importe quelle personne dans l’histoire, dépensant plus de 270 millions d’euros pour acheter plus de 2 millions d’acres de terres en Argentine et au Chili.
Il remet en question le point de vue selon lequel la technologie étendrait la démocratie et affirme qu’elle concentre, au contraire, de plus en plus le pouvoir entre les mains d’une élite toujours plus restreinte. Ce qui le dérange le plus, c’est que les mouvements sociaux et environnementaux censés s’opposer à la nature destructrice des méga-technologies, sont en réalité tombés sous leur charme.
« Nous avons été mauvais dans notre analyse systémique, et particulièrement dans le domaine de la critique de la technologie », explique Tompkins, qui a été profondément influencé par le philosophe Norvégien Arne Naess, qui appelait au démantèlement de la société techno-industrielle.
« Si nous ne nous améliorons pas dans ce domaine, je pense que nous sommes foutus, nous allons continuer à précipiter l’extinction des espèces, et nous allons continuer à creuser encore davantage le trou de la crise sociale et écologique.
Il vous suffit de tenir votre téléphone portable pendant 30 secondes, et de penser à tout son processus de production en amont pour y retrouver l’ensemble de la culture techno-industrielle. Vous ne pouvez pas avoir cet appareil sans tout ce qui va avec. Vous verrez alors l’exploitation minière, le transport, la fabrication, les ordinateurs, la communication haute-vitesse, la communication par satellite, tout est là, et c’est cette culture techno-industrielle qui détruit le monde. »

Défendre l’environnement

Tompkins est considéré comme un héros dans le mouvement de la deep ecology (« écologie profonde ») et travaille main dans la main avec sa femme Kris, l’ancienne PDG de la marque d’équipements et de vêtements de plein air Patagonia.
Ils ont joué un rôle très important dans la création de deux immenses réserves naturelles et sont en train d’en créer une autre dans la région sud-américaine de Patagonie, malgré les oppositions auxquelles ils se heurtent en Amérique latine ; ils sont par exemple accusés par des politiciens chiliens d’extrême droite de diviser le pays en deux dans une conspiration pour s’accaparer des terres.
Ensemble, ils financent aussi nombre de petites ONG militantes, affirmant que les organisations plus établies comme le WWF et Greenpeace sont aujourd’hui trop liées aux corporations.
« Lorsque le WWF a commencé, ils faisaient de bonnes choses », explique Tompkins. « Maintenant, ils gaspillent l’argent comme des fous pour très peu de concret. La plupart de ces organisations ont pris trop d’ampleur, ce qui leur porte préjudice. Ce sont les petites organisations qui accomplissent vraiment des choses sur le terrain. »
Tompkins ridiculise ceux qui placent leurs espoirs dans le développement technologique des secteurs éolien, solaire et nucléaire, en disant d’eux qu’ils sortent des écoles de gestion intelligente des ressources, et en expliquant qu’ils ne comprennent pas que cela ne s’attaque absolument pas au cœur du problème, à savoir l’addiction du capitalisme à la croissance.
« L’efficacité énergétique est un mauvais indicateur », explique-t-il. « Nous devrions utiliser la nature comme mesure, utiliser la sagesse de la nature comme matrice pour nos systèmes économiques. »
« Le capitalisme ne fonctionne plus lorsqu’il commence à se contracter et nous pouvons clairement le constater actuellement dans l’eurozone. C’est comme maintenir sous l’eau un monstre géant à bout de souffle. Il devient fou. Le capitalisme présente peut être quelques bonnes choses, mais fondamentalement, il est mauvais pour tout le monde. »
Il pense que les spécialistes de la soutenabilité ont fait l’erreur de passer leur temps à créer des stratégies et des projets, sans prendre le temps de comprendre en profondeur ce qui nous a mis dans ce pétrin en premier lieu. Il en résulte qu’ils causent finalement peut-être plus de mal que de bien.
« Tandis que nous sommes de plus en plus aspirés dans la technosphère, nous sommes de moins en moins capables de comprendre cela, parce que le milieu dans lequel nous évoluons est technologique », nous avertit-il.
« C’est comme l’air; nous sommes fondamentalement inconscients de l’air. Il nous faut comprendre ce que les technologies elles-mêmes apportent avec elles lorsqu’elles sont introduites dans la culture. »
« Faire s’éteindre toute la biodiversité, et finir par vivre sur un tas de sable avec un rat norvégien et quelques cafards, ça n’est pas très logique. Cela prouverait que notre comportement en tant que civilisation est aujourd’hui pathologique. Mais si vous faites une analyse systémique, c’est exactement ce vers quoi nous nous dirigeons. »

Une approche stratégique, pas substantielle

Tompkins était un ami de Steve Jobs, les deux hommes se sont beaucoup disputés au fil des ans, l’ancien PDG d’Apple essayait de convaincre Tompkins que les ordinateurs allaient sauver le monde, tandis que Tompkins soutenait l’inverse.
Tompkins se souvient de la campagne publicitaire d’Apple qui soulignait les 1001 choses que le PC allait nous apporter, et disait à Jobs que cela représentait à peine 5% de ce que l’ordinateur avait fait, tandis que les autres 95% étaient négatifs et exacerbaient la crise de la biodiversité.
« Il s’énervait contre moi lorsque je lui disais ça », explique Tompkins.
« Il était prisonnier de cette vision selon laquelle ces technologies allaient nous apporter toutes ces bonnes choses. Mais c’est typique des fournisseurs de nouvelles technologies. Ils vendent leur produit et leur idée, et leur prestige, leur pouvoir et leur influence. Leur estime d’eux-mêmes est incorporée dans tout ça. Il est impossible pour eux de le voir ou de l’admettre, vous comprenez ? Parce que ça couperait l’herbe sous le pied de leur finalité, particulièrement lorsque celle-ci est attachée à une finalité morale. »
« C’est typique de tous ceux qui introduisent un nouveau gadget dans la société. Ils ne vous parlent pas des effets négatifs que l’introduction de cette nouvelle invention pourrait avoir. »
Bien des choses ont été dites à propos de la démocratisation que l’Internet nous aurait apportée, et Tompkins souligne que les usages individuels se font principalement au profit de leurs propres petits intérêts, tandis que les grandes corporations sont les grandes gagnantes, car elles arrivent à en tirer des bénéfices importants qui leur permettent de devenir toujours plus puissantes.
Tompkins avertit également de l’omniprésence de la technologie et décrit comment il s’est senti obligé d’acheter un ordinateur portable, après avoir reconnu qu’il se marginalisait de plus en plus.
« Je ne voulais pas compromettre mes engagements, alors j’ai dû utiliser cette même technologie qui est en train de défaire le monde », explique-t-il. « J’ai une approche stratégique, pas substantielle. Le problème, c’est que 99.9% des gens, dans notre propre mouvement, adorent cette chose, ils pensent qu’elle va nous mener vers la terre promise. Je n’ai pas de telles prétentions. »

La technologie entrave-t-elle l’évolution ?

Plutôt que d’augmenter nos connaissances, Tompkins affirme que les ordinateurs et les smartphones représentent des « appareils de déqualification ; ils nous abêtissent. Nous sommes immergés dans un système qui requiert aujourd’hui l’usage d’un téléphone portable ne serait-ce que pour nous déplacer, pour fonctionner, la logique de ce téléphone portable nous a été imposée. »
« L’ordinateur est un mécanisme d’accélération, il accélère l’activité économique, et cela ronge le monde. Cela consume les ressources tous ces processus, cette fabrication, cette distribution, cette consommation. C’est là le véritable travail de l’ordinateur, 24h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, non-stop, simplement pour satisfaire nos petites vies étriquées. »
Tompkins entrevoit un futur sombre, dominé, comme il le dit, par la laideur, des paysages ravagés, des espèces éteintes, une pauvreté extrême, et un manque d’équité, et affirme que l’humanité fait face à un choix très difficile ; soit une transition immédiate vers un système différent, soit un effondrement douloureux.
« Bien sûr, je préfèrerais la transition, parce qu’un crash serait hautement imprévisible », dit-il. « Cela pourrait exacerber quelque chose de terrible ».
« La crise des extinctions est la mère de toutes les crises. Il n’y aura pas de société, pas d’économie, pas d’art et pas de culture sur une planète morte, essentiellement. Nous avons interrompu l’évolution. »

Traduction: Nicolas Casaux
Édition & Révision: Héléna Delaunay
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lundi 14 septembre 2015

Ils ont exterminé 95 % des Indiens d'Amérique.


Sitting Bear, 1908. Photographer: Edward Curtis.

« Indien : le mot a été créé par nous (les Blancs), pas par lui. Il n'est un indien que depuis 500 ans. Pendant 25 000 ans, il a été un Ottawa, un Dakota, un Shoshone, un Cherokee – ou un autre des centaines de peuples qui ont occupé ce continent. (Edgard S. Khan et David W. Hearne ed. Our Brother's Keeper Indians in White America New York New American Library 1975 P. vii)

Dans ce qui suit, nous échapperons au vocabulaire - « Indiens » ou Amérindiens - des envahisseurs génocidaires en invoquant « Awonawilona
(Celui qui crée et qui contient Tout, le Père de la paternité et de toutes choses) »(The beginning of a Newness : A Zuni Creation Legend » Thirteen Annual Report of The Bureau of American Ethnology, 1895 in Élise Marienstras La résistance indienne aux États-Unis)
Cet article fait suite à :

Une « Révolution » Américaine faite par les génocidaires des « Indiens »

Dans les manuels scolaires, dans les programmes scolaires, il n'y a rien sur le génocide indien. Pourtant il est comparable à la Shoah dans l'horreur des méthodes employées !
« Alors qu’il pointait ses obusiers sur un campement d’Indiens non armés à Sand Creek, au Colorado, en 1864, un colonel de l’armée du nom de John Chivington, qui avait dit une fois que la vie des enfants indiens ne devait pas être épargnée car « les lentes font des poux, » a dit à ses officiers : « Je suis venu pour tuer les Indiens, et je crois qu’il est juste et honorable d’utiliser tous les moyens qu’il y a sous le ciel de Dieu pour tuer les Indiens. » Des centaines de femmes indiennes, enfants, et vieillards furent abattus dans le massacre de Sand Creek. Un officier qui était présent a dit plus tard, « Les femmes et enfants ont été tués et scalpés, les enfants fusillés sur le sein de leur mère, et tous les corps mutilés de la plus horrible des façons. Les cadavres des femmes étaient profanés de telle manière que le récit en est écœurant. » Marlon Brando Songs my Mother Told Me (1994)

Et le nombre de victimes est bien plus important. 6 millions pour le génocide des juifs et 100 millions pour celui des indiens (source wikipédia démocide et wikipédia génocide des indiens). Chaque génocide est important, les recherches et la transmission des événements aux générations futures sont primordiales. C'est pour cette raison qu'il faut étudier tous les génocides !

L'ONU qui défend toujours les colons envahisseurs et qui s'imagine que la population croit encore que c'est une organisation pacifique perpétue le crime européen en refusant de reconnaître le génocide indiens.
« Bien que l'Histoire démographique des Amérindiens montre incontestablement une diminution, ces disparitions ne sont pas actuellement officiellement recensées par l’Organisation des Nations unies en tant que génocides, dans leur ensemble, mais aussi dans le détail, par exemple en ce qui concerne la lente disparition de certaines tribus en Amérique du Sud » wikipédia génocide Amerindien

ALORS QUE LES AWONIENS LEUR OFFRAIENT HOSPITALITÉ ET AIDE LES EUROPÉENS NE PENSAIENT QU'A LES SUPPRIMER

Les Awoniens leur ont offert leur savoir faire en agriculture, chasse, remèdes médicaux afin que ces nouveaux arrivants puissent survivre. Ils ont apporté des vivres à ces hommes venus de la mer pour les aider à tenir le coup... Face à cette générosité, cette gentillesse des Awoniens, les Européens ont répondu par la destruction et l'accaparement de tout ce qu'avaient construit ces peuples que l'on nomme Indiens.
Dès leur arrivée, les Européens ont livré une guerre sans pitié aux Indiens. Ils ont utilisé toutes les méthodes possibles et imaginables pour mettre à bas cette civilisation.

Tous les peuples Awoniens sans distinction ont été opprimés.

White Hawk. Cheyenne. 1905

« Diversifiées par leurs anciennes cultures et par leurs conditions présentes, les tribus amérindiennes ont aussi vécu différemment la rencontre avec les Blancs. Toutes ont fini par se heurter au colonisateur, toutes en ont subi l'oppression, mais à des moments différents de leur existence, et suivant des modalités qui ont permis aux unes de résister plus longuement et de survivre, et qui ont précipité les autres dans un déclin précoce et définitif. » p 42 La Résistance indienne aux États Unis, Elise Marienstras
Plusieurs techniques ont été utilisées pour ce génocide de trois siècles Ce génocide s'étend sur 3 siècles et a décimé entre 80 et 100 millions d'Awoniens.
 
LES MALADIES TRANSMISES PAR LES EUROPÉENS ONT TUE NEUF DIXIÈME DES AWONIENS

Balancer des corps malades avec des balistes de l'autre côté des remparts des murailles fortifiées fut une technique inventée dans l'Antiquité : Polybe en parle. Les navigateurs du XVIème siècle étaient donc bien conscients des conséquences de leur venue sur ces terres lointaines. Ils ont transmis aux populations locales la variole et autres microbes (choléra, grippe). Cette attaque microbienne décima les neuf dixième de ces habitants.

En 1656, Adriaen van der Donck écrit en Nouvelle-Hollande (la future colonie de New York) :
Adriaen van der Donck
«Les Indiens affirment qu'avant l'arrivée des chrétiens, et avant que la variole ne se répande parmi eux, ils étaient dix fois plus nombreux qu'ils ne le sont maintenant, et que leur population a fondu sous l'effet de la maladie qui en a tué les neuf dixièmes . Un peu plus tôt Champlain et les missionnaires jésuites de la Nouvelle-France rapportent qu'en l'espace de dix ans, le nombre des Hurons était passé de 32000 à 10000 personnes. En 1674, le missionnaire puritain Daniel Gookin note, au cours d'une enquête auprès des Indiens du Massachusetts, que les Pequots, qui pouvaient autrefois lever 4000 guerriers n'en disposent plus que 300, et que chez les Narragansets, le nombre des guerriers est passé de 5000 à 1000. Les Wamesis voyaient leur armée réduite de 3000 à 250 hommes ». Adriaen van der Donck, « A Description of the New Netherlands » ; r. angl, New York Historical Society, Collections, 1re série, I, Boston, 1792
Les attaques microbiennes ont aussi été très directes. En 1763, les anglais ont distribué aux Delaware des couvertures infestées par la variole afin de les décimer tous rapidement.
LES GUERRES : LES COLONS UTILISENT LES INDIENS COMME SOLDATS DANS LEUR PROPRE CONFLIT, LES MONTENT LES UNS CONTRE LES AUTRES OU LEUR FONT UNE GUERRE DIRECTE
Les guerres sont nombreuses et prennent différentes formes.
Les États Européens se font la guerre afin de se partager le nouveau monde. Non seulement ils volent des terres qui ne leur appartiennent pas, mais en plus ils ont le culot de manipuler les premiers habitants pour les intégrer dans leur propre conflit. Par exemple, les tribus du Nord-Est vont participer à la guerre de Sept ans qui oppose les Français aux Britanniques.
Aussi afin de se débarrasser des tribus indiennes trop rebelles, les colons les montent les uns contre les autres.
Mais comme ces braves humains qui vivent en harmonie avec la nature gênent ces nouveaux arrivants dans leur pathologie à vouloir toujours plus, ils décident de les monter les uns contre les autres. Cette stratégie empêche les Awoniens de se soulever contre leur véritable agresseur que sont les colons. Pendant que les « indiens » sont en train de se faire la guerre entre eux, ils n'ont pas l’énergie nécessaire pour combattre les Anglais, les Français ou les Espagnols.

Les Français vont forcer les Indiens Choctaws à décimer les Indiens Chickasaws. Le chantage n'a pas de limite pour les Français. Ils promettent de protéger les Choctaws à condition qu'ils suppriment les Chickasaws.
« En 1750, le traité de Grandpré place les Choctaws sous protectorat français. Le traité prévoit la peine capitale pour tout Choctaw qui tuerait un Français, pour tout Anglais qui serait trouvé dans un village Choctaw et pour tout Choctaws qui l'inviterait à y pénétrer. Le traité prévoit également que les Choctaws recommenceront à faire la guerre aux Chickasaws et « qu'ils ne cesseront jamais de harceler cette race perfide tant qu'il en restera un seul représentant. » » p 82 83 Angie Debo Histoire des Indiens des États Unis

Cette méthode est utilisée couramment dans les guerres menées par l'Occident. Diviser pour régner est une habitude chez les capitalistes du XXIème siècle.

L'avancée vers l'Ouest des colons s'accompagne d'un harcèlement des Awoniens

Les colons américains ne cessent de vouloir gagner du terrain sur les Indiens. Et avec l'avancée vers l'Ouest, ils vont sans arrêt harceler les peuples Awoniens.

« Plus au Nord, cependant, les Grandes Plaines restèrent jusqu'à la fin du siècle le lieu d'affrontements violents, de harcèlements et de guérillas qui suivaient l'avance des pionniers vers les Rocheuses. » p 143 La résistance indienne aux États Unis Elise Marientras
Au fur et à mesure que les colons avancent, ils parquent les Awoniens dans des réserves.

Marlon Brando décrit la violence psychologique qui accompagne ces agissements  :
« Après le vol de leurs terres, les survivants en haillons furent parqués dans des réserves et le gouvernement envoya des missionnaires pour les forcer à devenir chrétiens. Après m’être intéressé aux Indiens d’Amérique, je me suis rendu compte que beaucoup de gens ne les considèrent même pas comme des êtres humains. » (Songs my Mother Told Me (1994))
D'autres fois une politique plus directe de suppression d'une tribu est mise en place. C'est le cas pour les Apaches. En 1784, il est donné l'ordre d'exterminer tous les Apaches qui ont plus de 7 ans d'âge. (source Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel, 1994 p.112)

Il y a aussi les rebellions indiennes qui ont rythmé toute la période génocidaire. Les Indiens ne se laissent pas faire. Les révoltes sont nombreuses. A chaque fois, les colons ripostent violemment. Ils tuent toute la tribus (voir image wounded knee avant et après le massacre )

Il y a les guerres seminoles en Floride entre 1817 et 1858, la guerre des Black Hills entre 1876 et 1877 contre les Sioux. La dernière guerre ouverte contre les Indiens est le massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890) dans laquelle 250 Sioux sont tués par les Américains d'origine Européenne
Au XIXème siècle, les Awoniens sont privés de tout ce qui fait l'essence de leur mode de vie. Ils ne peuvent plus chasser, ce qui leur permettait de vivre. Spoliés de leur terre et parqués dans des réserves pour permettre aux Américains d'origines Européennes de s'étendre encore un peu plus.

Cette politique s'accompagne de lois ayant pour ambition de supprimer toute la culture et l'identité des Awoniens. Ils n'ont plus le droit de parler leur langue, plus le droit de pratiquer leur religion...
Les conséquences sont gravissimes pour les Awoniens. Non seulement ils perdent leur identité, leur culture mais en plus ils n'ont plus de quoi subvenir à leurs besoins. Certains sont morts affamés, d'autres comme les Creeks sont décédés de désespoir.


Ce génocide Indiens qui a fait entre 80 et 100 millions de morts au total et 18 millions
pour l'Amérique du nord n'a pas suffit aux colons Américains qui ont tués en plus vingt huit millions d'Africains. Comme les colons américains trouvaient que les indiens ne tenaient pas le choc quand on les mettait en esclavage, ils ont décidé de faire la traite. Des bateaux partaient d'Europe pour rejoindre les Côtes Est Africaine afin de capturer des Africains pour les mettre dans des navires (que l'on nomme négrier). Ces Africains étaient ensuite vendus comme esclave en Amérique. Il faut donc ajouter à ce génocide indien de 80 à 100000 personnes, celui des Africains comptabilisé à 17 267 000 personnes (source wikipédia démocide)

Ce sont malheureusement les porteurs de la maladie consumériste qui ont gagné. Ce sont eux qui gouvernent le monde actuellement. Ce sont eux qui ont détruit notre belle planète. Combien de temps va-t-on les laisser décider de notre sort ?

http://institproentraideantiviolencesaenfantsantifranceafric.blogs.nouvelobs.com/tag/awoniens 


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mardi 10 juin 2014 Awoniens Des Innovants mis en lumière par le postmarxisme quand les mal-nommés « Amérindiens » restent les victimes de l'idéologie smitho-marxiste

  Jacques Chirac, alors président de la République française, a explicitement parlé en 2005, dans une conversation privée avec un journaliste, de l'existence — selon lui — d'un génocide amérindien qui aurait été perpétré après les conquêtes espagnoles au XVIe siècle : « Après l'arrivée des hordes hispaniques en Amérique, c'est un des plus grands génocides de l'histoire de l'humanité, qui a été perpétré : 80 millions d'Amérindiens massacrés en un peu plus de cinquante ans, du Mexique à la Terre de Feu, voilà le travail ! Tout ça, au nom de l'or et de la prétendue supériorité de notre religion !

Wikipedia

samedi 12 septembre 2015

Human-Yann Arthus-Bertrand

Qu'est-ce qui nous rend humains ? Est-ce le fait d'aimer, est-ce le fait de lutter ? Le fait de rire ? De pleurer ? Notre curiosité ? Notre quête de découvertes ?

Poussé par ces questions, le réalisateur et photographe Yann Arthus-Bertrand a passé trois années à collecter les histoires de 2 000 femmes et hommes dans 60 pays. Avec son équipe passionnée de traducteurs, journalistes et cameramen, Yann a capturé en profondeur les émotions et les sujets qui nous unissent tous : les luttes contre la pauvreté, la guerre, l'homophobie et le futur de notre planète, mêlées à des moments d'amour et de bonheur.






Yann Arthus-Bertrand

dimanche 6 septembre 2015

Les effets de la méditation validés par les neurosciences


Inspirées de la pratique des moines bouddhistes, les techniques méditatives agissent sur le fonctionnement et même sur la structure du cerveau, selon de nouvelles études.
 
Jusqu’à présent, le bénéfice de la méditation sur le vieillissement avait seulement été suggéré par certains travaux de la Nobel de médecine Elizabeth Blackburn. Une large étude américaine, conduite par l’université californienne de Davis sur 100 individus âgés de 24 à 77 ans, vient de fournir un nouvel argument à cette thèse. Révélée par l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’anatomie comparée du cerveau de la moitié d’entre eux pratiquant régulièrement cette discipline a clairement montré une moindre altération de la matière grise que dans l’autre groupe, étranger à la pratique. Selon les auteurs de l’étude, l’intensité de la méditation stimulerait les dendrites (le prolongement filamenteux des neurones servant à conduire l’influx nerveux) et les synapses (la connexion des neurones entre eux). Cette puissante sollicitation cérébrale agirait également sur le stress, délétère pour les cellules. L’équipe a montré que trois mois intensifs de méditation affectaient significativement l’activité des télomérases, enzymes essentielles à la protection contre le vieillissement cellulaire.
En dépit des apparences, yeux clos et position placide, la méditation n’a rien d’une détente. « C’est même tout le contraire qui se produit dans le cerveau », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a inauguré il y a trois ans un diplôme « médecine, méditation et neurosciences » à la faculté de médecine de Strasbourg. Il s’agit pour le sujet de se concentrer sur sa « météo intérieure » : les émotions, sensations et pensées qui circulent librement dans son esprit. L’exercice consiste à focaliser son attention sur un objet – sa respiration, une partie de son corps… – sans se laisser distraire par ses pensées ou des stimuli extérieurs. Comme c’est impossible, même pour les pratiquants les mieux entraînés, l’esprit est plus éveillé que jamais pour dompter ce vagabondage cérébral et ramener l’attention sur l’objet de la concentration.

Mieux gérer ses émotions
Pendant cette activité, le cerveau s’échauffe. Sous l’œil d’un IRM fonctionnel, une équipe de l’université Emory d’Atlanta a mis en évidence qu’il sollicitait successivement quatre réseaux neuronaux liés à l’attention : d’abord le cortex sensoriel et moteur, puis le cortex antérieur, puis les régions pariétales, pour finir par le cortex préfrontal, et ainsi de suite pendant toute la durée de la séance. La répétition de ce cycle n’est pas sans conséquences. « Nous avons montré que des exercices intensifs de méditation permettaient de soutenir l’attention et d’améliorer la vigilance cérébrale », explique Antoine Lutz, du Centre Inserm de neurosciences de Lyon, l’un des premiers à avoir mené des travaux d’imagerie sur le cerveau de moines bouddhistes comme Matthieu Ricard. Avec ses collègues de l’université du Wisconsin, il a mis en évidence que le cerveau des méditants expérimentés était capable de traiter des stimuli deux fois plus rapprochés (moins de 300 millisecondes) qu’un cerveau de novice, qui reste le plus souvent scotché à la première sollicitation.
En poussant plus loin leurs investigations, les chercheurs ont découvert que la méditation permettait également de mieux gérer ses émotions, une capacité qui manque aux dépressifs. A l’université de Toronto, des psychologues ont fait pratiquer pendant plusieurs mois des exercices de pleine conscience à des patients qui avaient connu au moins trois dépressions.
« Le risque de rechute a été réduit de près de 40 % et certains praticiens considèrent aujourd’hui que ce traitement est au moins aussi efficace qu’une camisole chimique », rapporte Antoine Lutz.
Car les scientifiques savent désormais mieux ce qui se produit : dans un article publié en 2013 par « Frontiers in Human Neuroscience  », Catherine Kerr, chercheuse à l’université de Providence, explique le rôle d’aiguilleur joué par le thalamus, une structure centrale du cerveau réceptrice des sensations corporelles, dans la distribution de ses informations au cortex : « Le thalamus transmet les sensations en adressant à la zone correspondante du cortex des impulsions électriques –  les ondes alpha – dont la fréquence varie en fonction de l’intensité de la perception. Quand l’esprit se concentre sur une partie du corps, les ondes baissent sur la zone cible et la sensation augmente alors que, partout ailleurs, les ondes alpha augmentent et les sensations baissent. » On peut ainsi apprendre à atténuer la douleur ou à gérer des pensées morbides, comme c’est déjà le cas dans plus de 200 hôpitaux américains.

Compenser la fonte de la matière grise
La nouvelle étude des chercheurs américains sur les changements structurels induits par la méditation suit une série démarrée en 2005 avec les travaux de Sarah Lazar, du Massachusetts General Hospital de Boston.
Elle avait alors remarqué que le tissu cérébral du cortex préfrontal gauche impliqué dans les processus émotionnels s’épaississait chez les pratiquants assidus, au point de compenser chez certains la fonte de la matière grise due au vieillissement. Plus récemment, ses travaux ont également montré chez ceux qui méditent un développement plus important de l’hippocampe (qui joue un rôle de premier plan dans la mémorisation, l’apprentissage, la vigilance et l’adaptation à son environnement), et au contraire un rétrécissement de l’amygdale (qui gère les émotions, en particulier nos réactions de peur et d’anxiété).
Certaines études suggèrent aussi que la méditation ne modifie pas seulement le cerveau, mais agit aussi sur la santé cardiovasculaire, la tension artérielle, l’immunité et même notre génome. Une étude d’Herbert Benson, de l’hôpital général du Massachusetts, a ainsi analysé le profil d’expression des gènes de 26 adultes avant et après une formation à la méditation. Son constat a créé la stupéfaction lors du dernier symposium de « sciences contemplatives » : en quelques semaines d’exercice, l’expression des gènes associés à la sécrétion d’insuline et aux mécanismes d’inflammation a significativement augmenté en même temps que la production de monoxyde d’azote, un gaz vasodilatateur bénéfique au rythme cardiaque.

Une nouvelle discipline universitaire
Cette année encore, le diplôme universitaire « Médecine, Méditation et Neurosciences » a fait le plein : 400 inscriptions ont été enregistrées pour seulement 60 places. « Le thème séduit de plus en plus par son approche complémentaire dans le contexte cartésien des soins occidentaux », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a créé cette formation à l’université de Strasbourg en 2012. Pendant deux mois, médecins, psychologues, neurologues, chercheurs et autres chefs de services découvrent la pratique avec une dizaine d’enseignants et font l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les liens entre le corps et l’esprit, y compris sous l’angle philosophique. « Notre ambition est d’inscrire la méditation dans un cadre institutionnel élitiste pour en promouvoir l’usage et combattre le charlatanisme », poursuit le docteur. Plusieurs programmes de recherche sont déjà nés de cette sensibilisation comme à l’Inserm de Caen, qui a démarré une étude sur la méditation et le vieillissement. La diffusion de la connaissance passe, aussi, par les futurs médecins : un module de méditation vient d’être inscrit en troisième année d’étude de la faculté. Cinquante places sont proposées.