mardi 27 octobre 2015

Soyons spirituellement incorrects !


Une personne me faisait part récemment n’avoir jamais été autant dans le contrôle, la répression d’elle-même et le politiquement correct depuis qu’elle était entrée dans le milieu spirituel. Comment cela s’explique-t-il ?

La norme

Il arrive que le milieu spirituel soit perçu comme une famille de substitution, un courant de pensées où l’on se sent enfin compris, en communion d’âme avec d’autres. Pour sauvegarder cette fraternité, il est tentant de se conformer à la pression sociale du groupe, fut-elle douce et bien intentionnée, à adhérer sans réserve à ses valeurs dominantes.
Fondamentalement, la question n’est pas de savoir si je suis ou me comporte autrement que la majorité mais de savoir s’il s’agit du résultat de l’exercice de ma liberté consciente ou simplement de conformisme à l’égard du milieu dans lequel je baigne. Etre dans la norme n’est pas un souci si le choix que j’ai fait librement et en connaissance de cause s’avère correspondre à cette norme. Le but n’est pas d’être original à tout prix… En revanche, si je tente de m’affranchir d’un milieu et que je retombe dans d’autres normes, qui ne sont pas issues de mon propre cheminement intérieur mais qui sont celles en vigueur dans mon nouveau milieu, j’aurai simplement changé de « prison », la nouvelle étant sans doute plus spacieuse et plus jolie mais ne limitant pas moins mon horizon…
S’il est compréhensible de souhaiter respecter les codes d’un milieu pour mieux s’y intégrer, cela peut cependant avoir un impact négatif sur le plan spirituel si ces codes sont éloignés de qui nous sommes vraiment. Porter des vêtements ethniques, respirer de l’encens ou écouter une symphonie pour bols tibétains n’ont jamais rendu qui que ce soit spirituel et ne sont d’ailleurs en rien un passage obligé sur un chemin de réalisation de soi. Au contraire, suivre ces codes par conformisme ou mimétisme, machinalement et sans y mettre de cœur ou de conscience ne peut que rendre moins présent à soi-même (cfr. l’article sur les rituels).
La vraie liberté consisterait plutôt à être chevelu baba-cool au sein d’un cabinet d’avocats ou de porter le costume trois-pièces dans une communauté hippie, mais pour peu qu’il s’agisse d’un élan naturel et spontané, et non d’une volonté de se démarquer ou de provoquer, ce qui serait une autre forme de conformisme (en faisant le contraire de la norme du milieu, on continue à se positionner par rapport à cette norme, plutôt qu’être en adéquation avec soi-même).

Le bon profil spirituel

La spiritualité est une notion aussi vaste que fourre-tout, où tout et son contraire s’offrent à qui le souhaite. Si certaines personnes voient dans quelle direction aller, beaucoup sont perdus et se raccrochent volontiers à des balises édictées par d’autres, qui deviennent parfois des normes, voire des injonctions.
En règle générale, on attend d’une personne sur un chemin spirituel qu’elle ne se mette pas en colère, ne ressente pas « d’émotions négatives » comme la jalousie ou la haine, ne fume pas ni ne boive d’alcool, consomme bio et durable, ne mange pas de viande, soit conscientisée face au réchauffement climatique et aux enjeux écologiques, ne diffuse que des « énergies hautes » comme l’amour, ait une sexualité sublimée, prône un retour à la simplicité volontaire, ait pris des distances avec le modèle consumériste et néolibéral, soit en permanence dans la compassion et l’entraide…
Globalement, tout cela paraît très positif. Cela devient pourtant problématique quand l’ordre des choses est inversé : ce n’est pas manger des légumes bio qui rend plus spirituel, c’est l’évolution sur le chemin spirituel qui amène à manger en conscience. Arrivé à un certain niveau de conscience, cela s’impose naturellement avec évidence, sans effort de volonté, presque comme une conséquence indirecte.
En revanche, en mettant la charrue avant les bœufs, tous ces objectifs extérieurs non encore intégrés deviennent un « idéal » difficilement atteignable, poussant les gens à être en lutte constante avec eux-mêmes pour se rapprocher de ce prétendu Graal. Cela génère des effets pervers, que l’on retrouve dans la plupart des grandes religions : en assignant aux gens un idéal inaccessible par le plus grand nombre, le fossé entre cet absolu et leur réalité quotidienne, plutôt que de les encourager à progresser, les tiraille et les pousse vers la mésestime de soi, la culpabilité, la névrose ou l’hypocrisie (où seules les apparences extérieures sont sauves…), qui seront autant d’obstacles à une progression spirituelle.
Ainsi, s’efforcer d’être plus compatissant en espérant que cela favorisera son évolution spirituelle est à mon avis faire fausse route : c’est en progressant sur son chemin spirituel que la compassion viendra d’elle-même.
Une petite précision s’impose ici. Le présent article ne s’intéresse et n’aborde que le plan spirituel. Il existe, par exemple, de nombreuses bonnes raisons d’être respectueux de la nature qui ne sont pas en lien avec l’évolution spirituelle. Je ne prône donc pas qu’il faille attendre d’être un Bouddha pour commencer à trier ses déchets et agir sur le monde qui nous entoure…

Devenir soi-même la suite sur http://presenceasoi.be/soyons-spirituellement-incorrects/

jeudi 22 octobre 2015

Phosphates dans l'alimentation : les enfants poussés au bord de la folie



Barres chocolatées, sodas, plats préparés, autant de produits hyper-phosphatés qui sont un désastre pour les enfants et entraînent hyperactivité, agressivité, céphalée et insomnie. Frédérique Caudal, pédiatre, après deux ans d’expérience en cabinet, a constaté qu’une diète alimentaire sans additifs phosphatés rattrape en quatre jours les enfants et leur évite le médicament à la mode, la Ritaline.
Les phosphates sont quasiment présents dans tous les aliments contenant des additifs. Leur utilisation est telle que, depuis 10 ans, leur présence a augmenté de 300 %. Si les phosphates sont nécessaires à la croissance des enfants et au bon fonctionnement du corps, ils entraînent, lorsqu’ils sont en excès, de graves troubles du comportement.
Perturbateur hormonal
Chez les sujets sensibles, l’intoxication au phosphate provoque un dérèglement du métabolisme, en bloquant la sécrétion de l’hormone noradrénaline des glandes surrénales, laquelle commande et règle le flux des excitations nerveuses cérébrales. D’où un dérèglement du comportement qui se manifeste dès le sevrage lorsque l’enfant passe du lait maternel au lait de vache. La situation se détériore avec l’alimentation « normale » vers 2 ou 3 ans (avec l’apport de céréales enrichies à la lécithine de soja) pour atteindre un point culminant vers 10-13 ans et se poursuit à l’adolescence puis à l’âge adulte.
Il faut noter que cette hypersensibilité aux phosphates ne concerne que 5 % des filles alors que 10 % à 20 % des garçons sont touchés et plus particulièrement les enfants longilignes ou athlétiques et musclés. Étrangement, les obèses ne sont pas atteints.
La Ritaline, seule solution de la médecine officielle
Hyperactivité, violence, instabilité émotionnelle, difficulté de concentration en classe, insomnies, impulsivité, incapacité à s’adapter et s’intégrer, distraction permanente, morosité, susceptibilité exagérée, difficultés de langage et troubles du sommeil majeurs peuvent souvent être dus à cette overdose de phosphates. Mais, face à la vague des troubles lourds du comportement qui touche, depuis une décennie, des millions d’enfants des pays développés, la médecine officielle ne propose qu’une solution : une amphétamine nommée Ritaline. Cette drogue (interdite depuis les années 70 car elle servait de dopant aux sportifs) n’offre pourtant que peu de résultats et s’accompagne d’effets secondaires catastrophiques.
Une diète de quatre jours et du vinaigre de vin
  • Vous pouvez dépister facilement une intoxication aux phosphates par la mesure du pH salivaire grâce à une bandelette test de pH (en pharmacie). Un pH alcalin de 8 ou 9 dès le réveil signifie que l’intoxication est avérée.
  • Pour confirmer ce premier diagnostic, éliminez de l’alimentation de l’enfant tout additif phosphaté pendant quatre jours. Son état devrait s’améliorer de manière spectaculaire.
  • L’antidote incontesté contre les phosphates est le vinaigre de vin (acide acétique) qui annule l’effet des phosphates à petite dose (alors que l’ingestion de 75 mg de phosphates suffit à provoquer une rechute en 20 à 30 minutes), la prise d’une cuillère de vinaigre de vin avec autant d’eau et un peu de miel (pour le goût) va prévenir toute rechute et peut se pratiquer préventivement. À prendre une fois par jour pendant huit jours.
Attention : Le vinaigre de cidre (acide malique) ou le citron (acide citrique) aggravent l’effet des phosphates.
Pour plus d’infos, lire :
« La drogue cachée : les phosphates alimentaires », de Herta Hafer. Éditions du Madrier
Le caddie sans phosphates
Ôter de l’alimentation :
  • E 322 : lécithine de soja, de jaune d’œuf… (que l’on trouve dans les plats préparés, les glaces, le Nutella...).
  • E 338 : acide phosphorique dans les sodas… à E 341 dans la charcuterie et le fromage fondu.
  • L’acide citrique présent dans les sodas et autres Ice tea et jus concentrés.
  • E 450 a, b, c : en particulier dans les fromages en portion (Kiri, P’tit Louis, Vache qui rit…).
  • Levure chimique (type Alsa) et additifs E 1410 à 1414 et E 1442 présents dans de nombreux biscuits, cakes, gâteaux et goûters…
  • Le riz traité pour ne pas coller.
  • Les barres chocolatées et chewing-gums qui n’existent pas sans phosphates.
  • Diminuer les oléagineux, les légumineuses, les jaunes d’œufs, le lait de vache (qui contient six fois plus de phosphates que le lait maternel) si la consommation est très importante.
Prendre à la place :
  • Comme céréale infantile : la gamme Biocarrefour qui est exempte de lécithines (gluten et protéines de lait de vache), entre autres…
  • Diluer les jus de fruits (100% pur jus) vendus en grande surface. Ou mieux, les préparer soi-même.
  • Préférer le bicarbonate de sodium pour faire lever les gâteaux ou le sachet : « poudre à lever sans phosphate » en magasin diététique.
  • Choisir comme cacao du matin : Banania ou le moins cher des marques de grande surface…
  • Utiliser du riz normal.
  • Chocolat en tablettes : marque Grand Jury à 80 % de cacao ou la plupart des tablettes du commerce équitable (sauf chocolat dessert)
Les marques Montignac, Bonneterre, Le moulin des moines (sauf chocolat dessert), La Vie Claire… dans les magasins diététiques.

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mercredi 21 octobre 2015

Six façons de vous protéger contre les énergies négatives

Nous avons tous quelqu’un dans notre entourage qui est toujours négatif. Nous savons donc tous à quel point cela peut jouer sur votre moral. Il suffit de croiser une personne négative pour que votre bonne humeur disparaisse d’un seul coup.
Mais alors, comment se protéger de ces personnes et de leurs énergies ?

1 – Réagir de manière appropriée

Il faut savoir que la négativité attire plus de négativité. Essayez de ne pas rentrer dans ce jeu là. Réagissez de la bonne manière en faisant attention ce que vous dites et comment vous le dites. Au pire des cas, ne réagissez pas et tournez juste les talons.

2 – Restez léger

Quand les choses commencent à devenir un peu trop lourde, faites en sorte de changer le sujet de la discussion et orienter la conversation vers quelque chose de plus léger. Trouvez quelque chose de positif à dire. N’ayez pas peur de les éloigner de leur sujet de conversation négatif.

3 – Proposez des solutions

Si vous avez un ami ou un proche avec des problèmes, proposez-leur des solutions. Cependant, s’ils ne veulent pas écouter vos conseils vous savez ce qu’il vous reste à faire…

4 – Soyez détachés

Détachez vous émotionnellement de ces personnes. Écoutez les, soyez l’oreille attentive dont ils ont besoin, mais  ne vous investissez pas pleinement en eux de quelque manière que ce soit.

5 – N’essayez pas de les changer

Ceci est une version plus avancée du 4ème point. Certaines personnes négatives ne peuvent ou ne seront pas changées. Car au fond ils ne le veulent pas. Alors n’essayez pas de les forcer car ceci est une lutte sans fin. Cela vous aidera à vous protéger de leurs énergies négatives.

6 – Posez des limites

Si vous avez du mal avec les points précédents, mettez juste des frontières entre vous et les personnes négatives. Limitez simplement le temps que vous passez avec eux. Faites également attention de ne pas les rencontrer dans votre espace personnel.

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dimanche 11 octobre 2015

Christophe Colomb, les Indiens et le progrès de l’humanité (Howard Zinn)

Au commencement étaient la conquête, l’esclavage et la mort.

 Les premiers contacts entre européens et indigènes


L’Espagne venait à peine d’achever l’unification de son territoire et de rejoindre le groupe des États-nations modernes que formaient la France, l’Angleterre et le Portugal. La population espagnole, constituée en grande partie de paysans pauvres, travaillait à cette époque pour une noblesse qui ne représentait que 2 % de l’ensemble mais possédait 95 % des terres. Vouée à l’Église catholique, l’Espagne avait expulsé Juifs et Maures de son territoire et, comme les autres États du monde moderne, elle convoitait l’or, ce métal en passe de devenir le nouvel étalon de la richesse, plus désirable encore que la terre elle-même puisqu’il permettait de tout acheter. On pensait en trouver à coup sûr en Asie, ainsi que des épices et de la soie, puisque Marco Polo et d’autres en avaient rapporté de leurs expéditions lointaines quelques siècles plus tôt. Mais les Turcs ayant conquis Constantinople et la Méditerranée orientale et imposé, en conséquence, leur contrôle sur les itinéraires terrestres menant à l’Asie, il devenait nécessaire d’ouvrir une voie maritime. Les marins portugais avaient choisi d’entreprendre le contournement de l’Afrique par le sud quand l’Espagne décida de parier sur la longue traversée d’un océan inconnu.
En retour de l’or et des épices qu’il ramènerait, les monarques espagnols promirent à Colomb 10 % des profits, le titre de gouverneur général des îles et terres fermes à découvrir, et celui, glorieux — créé pour l’occasion — d’amiral de la mer Océane. D’abord clerc chez un négociant génois et tisserand à ses heures (son père était un tisserand renommé), Christophe Colomb passait désormais pour un marin expérimenté. L’expédition se composait de trois voiliers dont le plus grand, la Santa Maria, avait près de trente mètres de long et un équipage de trente-neuf hommes.
En réalité, s’imaginant le monde plus petit qu’il ne l’est réellement, Colomb n’aurait jamais atteint l’Asie, qui se situait à des milliers de kilomètres de la position indiquée par ses calculs. S’il n’avait été particulièrement chanceux, il aurait erré à travers les immensités maritimes. Pourtant, à peu près au quart de la distance réelle, entre l’Europe et l’Asie, il rencontra une terre inconnue, non répertoriée: les Amériques. Cela se passait au début du mois d’octobre 1492, trente-trois jours après que l’expédition eut quiné les îles Canaries, au large de la côte africaine. Déjà, on avait pu voir flotter des branches et des morceaux de bois à la surface de l’océan et voler des groupes d’oiseaux: signes annonciateurs d’une terre proche. Enfin, le 12 octobre, un marin nommé Rodrigo, ayant vu la lumière de l’aube se refléter sur du sable blanc, signala la terre. Il s’agissait d’une île de l’archipel des Bahamas, dans la mer des Caraïbes. Le premier homme qui apercevrait une terre était supposé recevoir une rente perpétuelle de 10 000 maravédis. Rodrigo ne reçut jamais cet argent. Christophe Colomb prétendit qu’il avait lui-même aperçu une lumière la veille et empocha la récompense.

Ainsi, à l’approche du rivage, les Européens furent-ils rejoints par les Indiens arawaks venus les accueillir à la nage. Ces Arawaks vivaient dans des communautés villageoises et pratiquaient un mode de culture assez raffiné du maïs, de l’igname et du manioc. Ils savaient filer et tisser mais ne connaissaient pas le cheval et n’utilisaient pas d’animaux pour le labour. Bien qu’ignorant l’acier, ils portaient néanmoins de petits bijoux en or aux oreilles.
Ce détail allait avoir d’énormes conséquences: Colomb retint quelques Arawaks à bord de son navire et insista pour qu’ils le conduisent jusqu’à la source de cet or. Il navigua alors jusqu’à l’actuelle Cuba, puis jusqu’à Hispaniola (Haïti et République dominicaine). Là, des traces d’or au fond des rivières et un masque en or présenté à Christophe Colomb par un chef local inspirèrent de folles visions aux Européens.

Les premières violences

 

À Hispaniola, l’épave de la Santa Maria, échouée, fournit à Colomb de quoi édifier un fortin qui sera la toute première base militaire européenne de l’hémisphère occidental. Il le baptisa La Navidad (Nativité) et y laissa trente-neuf membres de l’expédition avec pour mission de découvrir et d’entreposer l’or. Il fit de nouveaux prisonniers indigènes qu’il embarqua à bord des deux navires restants. À un certain point de l’île, Christophe Colomb s’en prit à des Indiens qui refusaient de lui procurer autant d’arcs et de flèches que son équipage et lui-même en souhaitaient. Au cours du combat, deux Indiens reçurent des coups d’épée et en moururent. La Nina et la Pinta reprirent ensuite la mer à destination des Açores et de l’Espagne. Lorsque le climat se fit plus rigoureux, les Indiens captifs décédèrent les uns après les autres.
Le rapport que Christophe Colomb fit à la cour de Madrid est parfaitement extravagant. Il prétendait avoir atteint l’Asie (en fait, Cuba) et une autre île au large des côtes chinoises (Hispaniola). Ses descriptions sont un mélange de faits et de fiction: « Hispaniola est un pur miracle. Montagnes et collines, plaines et pâturages y sont aussi magnifiques que fertiles. [ . . . ] Les havres sont incroyablement sûrs et il existe de nombreuses rivières, dont la plupart recèlent de l’or. [ . . . ] On y trouve aussi moult épices et d’impressionnants filons d’or et de divers métaux. »

D’après Colomb, les Indiens étaient « si naïfs et si peu attachés à leurs biens que quiconque ne l’a pas vu de ses yeux ne peut le croire. Lorsque vous leur demandez quelque chose qu’ils possèdent, ils ne disent jamais non. Bien au contraire, ils se proposent de le partager avec tout le monde ». Pour finir, il réclamait une aide accrue de leurs Majestés, en retour de quoi il leur rapporterait de son prochain voyage « autant d’or qu’ils en auront besoin [ . . . ] et autant d’esclaves qu’ils en exigeront ». Puis, dans un élan de ferveur religieuse, il poursuivait: « C’est ainsi que le Dieu éternel, notre Seigneur, apporte la réussite à ceux qui suivent Sa voie malgré les obstacles apparents. »
Sur la foi du rapport exalté et des promesses abusives de Christophe Colomb, la seconde expédition réunissait dix-sept bâtiments et plus de douze cents hommes. L’objectif en était parfaitement clair: ramener des esclaves et de l’or. Les Espagnols allèrent d’île en île dans la mer des Caraïbes pour y capturer des Indiens. Leurs véritables intentions devenant rapidement évidentes, ils trouvaient de plus en plus de villages désertés par leurs habitants. À Haïti, les marins laissés à Fort Navidad avaient été tués par les Indiens après qu’ils eurent sillonné l’île par petits groupes à la recherche de l’or et dans l’intention d’enlever femmes et enfants dont ils faisaient leurs esclaves – pour le travail comme pour satisfaire leurs appétits sexuels.
Colomb envoya expédition sur expédition à l’intérieur de l’île. Ce n’était décidément pas le paradis de l’or mais il fallait absolument expédier en Espagne une cargaison d’un quelconque intérêt. En 1495, les Espagnols organisèrent une grande chasse à l’esclave et rassemblèrent mille cinq cents Arawaks — hommes, femmes et enfants — qu’ils parquèrent dans des enclos sous la surveillance d’hommes et de chiens. Les Européens sélectionnèrent les cinq cents meilleurs « spécimens », qu’ils embarquèrent sur leurs navires. Deux cents d’entre eux moururent durant la traversée. Les survivants furent, dès leur arrivée en Espagne, mis en vente comme esclaves par l’archidiacre du voisinage qui remarqua que, bien qu’ils fussent « aussi nus qu’au jour de leur naissance », ils n’en semblaient « pas plus embarrassés que des bêtes ». Colomb, pour sa part, souhaitait expédier, « au nom de la Sainte Trinité, autant d’esclaves qu’il [pourrait] s’en vendre ».
Mais trop d’esclaves mouraient en captivité. Aussi Colomb, désespérant de pouvoir reverser des dividendes aux promoteurs de l’expédition, se sentait-il tenu d’honorer sa promesse de remplir d’or les cales de ses navires. Dans la province haïtienne de Cicao, où lui et ses hommes pensaient trouver de l’or en abondance, ils obligèrent tous les individus de quatorze ans et plus à collecter chaque trimestre une quantité déterminée d’or. Les Indiens qui remplissaient ce contrat recevaient un jeton de cuivre qu’ils devaient suspendre à leur cou. Tout Indien surpris sans ce talisman avait les mains tranchées et était saigné à blanc.
La tâche qui leur était assignée étant impossible, tout l’or des environs se résumant à quelques paillettes dans le lit des ruisseaux, ils s’enfuyaient régulièrement. Les Espagnols lançaient alors les chiens à leurs trousses et les exécutaient.
Les Arawaks tentèrent bien de réunir une armée pour résister mais ils avaient en face d’eux des Espagnols à cheval et en armure, armés de fusils et d’épées. Lorsque les Européens faisaient des prisonniers, ils les pendaient ou les envoyaient au bûcher immédiatement. Les suicides au poison de manioc se multiplièrent au sein de la communauté arawak. On assassinait les enfants pour les soustraire aux Espagnols. Dans de telles conditions, deux années suffirent pour que meurtres, mutilations fatales et suicides réduisissent de moitié la population indienne (environ deux cent cinquante mille personnes) d’Haïti. Lorsqu’il devint évident que l’île ne recelait pas d’or, les Indiens furent mis en esclavage sur de gigantesques propriétés, plus connues par la suite sous le nom de encomiendas. Exploités à l’extrême, ils y mouraient par milliers. En 1515, il ne restait plus que quinze mille Indiens, et cinq cents seulement en 1550. Un rapport daté de 1650 affirme que tous les Arawaks et leurs descendants ont disparu à Haïti.
La source principale — et, sur bien des points, unique — de renseignements sur ce qu’il se passait dans les îles après l’arrivée de Christophe Colomb est le témoignage de Bartolomé de Las Casas qui, jeune prêtre, participa à la conquête de Cuba. Il posséda lui-même quelque temps une plantation sur laquelle il faisait travailler des esclaves indiens, mais il l’abandonna par la suite pour se faire l’un des plus ardents critiques de la cruauté espagnole. Las Casas, qui avait retranscrit le journal de Colomb, commença vers l’âge de cinquante ans une monumentale Histoire générale des Indes, dans laquelle il décrit les Indiens. Particulièrement agiles, dit-il, ils pouvaient également nager — les femmes en particulier — sur de longues distances. S’ils n’étaient pas exactement pacifiques — les tribus se combattaient, en effet, de temps en temps — les pertes humaines restaient peu importantes. En outre, ils ne se battaient que pour des motifs personnels et non sur ordre de leurs chefs ou de leurs rois.
La manière dont les femmes indiennes étaient traitées ne pouvait que surprendre les Espagnols. Las Casas rend ainsi compte des rapports entre les sexes : « Les lois du mariage sont inexistantes : les hommes aussi bien que les femmes choisissent et quittent librement leurs compagnons ou compagnes sans rancœur, sans jalousie et sans colère. Ils se reproduisent en abondance. Les femmes enceintes travaillent jusqu’à la dernière minute et mettent leurs enfants au monde presque sans douleurs. Dès le lendemain, elles se baignent dans la rivière et en ressortent aussi propres et bien portantes qu’avant l’accouchement. Si elles se lassent de leurs compagnons, elles provoquent elles-mêmes un avortement à l’aide d’herbes aux propriétés abortives et dissimulent les parties honteuses de leur anatomie sous des feuilles ou des vêtements de coton. Néanmoins, dans l’ensemble, les Indiens et les Indiennes réagissent aussi peu à la nudité des corps que nous réagissons à la vue des mains ou du visage d’un homme. »
Toujours selon Las Casas, les Indiens n’avaient pas de religion, ou du moins pas de temples.
Ils vivaient dans « de grands bâtiments communs de forme conique, pouvant abriter quelque six cents personnes à la fois [ . . . ] faits de bois fort solide et couverts d’un toit de palmes. [ . . . ] Ils apprécient les plumes colorées des oiseaux, les perles taillées dans les arêtes de poissons et les pierres vertes et blanches dont ils ornent leurs oreilles et leurs lèvres. En revanche, ils n’accordent aucune valeur particulière à l’or ou à toute autre chose précieuse. Ils ignorent tout des pratiques commerciales et ne vendent ni n’achètent rien. Ils comptent exclusivement sur leur environnement naturel pour subvenir à leurs besoins; ils sont extrêmement généreux concernant ce qu’ils possèdent et, par là même, convoitent les biens d’autrui en attendant de lui le même degré de libéralité. »
Dans le second volume de son Histoire générale des Indes, Las Casas (il avait d’abord proposé de remplacer les Indiens par des esclaves noirs, considérant qu’ils étaient plus résistants et qu’ils survivraient plus facilement, mais revint plus tard sur ce jugement en observant les effets désastreux de l’esclavage sur les Noirs) témoigne du traitement infligé aux Indiens par les Espagnols. Ce récit est unique et mérite qu’on le cite longuement: « D’innombrables témoignages [ .. . ] prouvent le tempérament pacifique et doux des indigènes. [ … ] Pourtant, notre activité n’a consisté qu’à les exaspérer, les piller, les tuer, les mutiler et les détruire. Peu surprenant, dès lors, qu’ils essaient de tuer l’un des nôtres de temps à autre. [ . . . ] L’amiral [Colomb], il est vrai, était à ce sujet aussi aveugle que ses successeurs et si anxieux de satisfaire le roi qu’il commit des crimes irréparables contre les Indiens. »
Las Casas nous raconte encore comment les Espagnols « devenaient chaque jour plus vaniteux » et, après quelque temps, refusaient même de marcher sur la moindre distance. Lorsqu’ils « étaient pressés, ils se déplaçaient à dos d’Indien » ou bien ils se faisaient transporter dans des hamacs par des Indiens qui devaient courir en se relayant. « Dans ce cas, ils se faisaient aussi accompagner d’Indiens portant de grandes feuilles de palmier pour les protéger du soleil et pour les éventer. »
La maîtrise totale engendrant la plus totale cruauté, les Espagnols « ne se gênaient pas pour passer des dizaines ou des vingtaines d’Indiens par le fil de l’épée ou pour tester le tranchant de leurs lames sur eux. » Las Casas raconte aussi comment « deux de ces soi-disant chrétiens, ayant rencontré deux jeunes Indiens avec des perroquets, s’emparèrent des perroquets et par pur caprice décapitèrent les deux garçons ».
Les tentatives de réaction de la part des Indiens échouèrent toutes. Enfin, continue Las Casas, « ils suaient sang et eau dans les mines ou autres travaux forcés, dans un silence désespéré, n’ayant nulle âme au monde vers qui se tourner pour obtenir de l’aide ». Il décrit également ce travail dans les mines: « Les montagnes sont fouillées, de la base au sommet et du sommet à la base, un millier de fois. Ils piochent, cassent les rochers, déplacent les pierres et transportent les gravats sur leur dos pour les laver dans les rivières. Ceux qui lavent l’or demeurent dans l’eau en permanence et leur dos perpétuellement courbé achève de les briser. En outre, lorsque l’eau envahit les galeries, la tâche la plus harassante de toutes consiste à écoper et à la rejeter à l’extérieur ».
Après six ou huit mois de travail dans les mines (laps de temps requis pour que chaque équipe puisse extraire suffisamment d’or pour le faire fondre), un tiers des hommes étaient morts.
Pendant que les hommes étaient envoyés au loin dans les mines, les femmes restaient à travailler le sol, confrontées à l’épouvantable tâche de piocher la terre pour préparer de nouveaux terrains destinés à la culture du manioc.
« Les maris et les femmes ne se retrouvaient que tous les huit ou dix mois et étaient alors si harassés et déprimés [ … ] qu’ils cessèrent de procréer. Quant aux nouveaux-nés, ils mouraient très rapidement car leurs mères, affamées et accablées de travail, n’avaient plus de lait pour les nourrir. C’est ainsi que lorsque j’étais à Cuba sept mille enfants moururent en trois mois seulement. Certaines mères, au désespoir, noyaient même leurs bébés. [ … ] En bref, les maris mouraient dans les mines, les femmes mouraient au travail et les enfants mouraient faute de lait maternel. [ … ] Rapidement, cette terre qui avait été si belle, si prometteuse et si fertile [ . . . ] se trouva dépeuplée. [ … ] J’ai vu de mes yeux tous ces actes si contraires à la nature humaine et j’en tremble au moment que j’écris. »
Las Casas nous dit encore qu’à son arrivée à Hispaniola, en 1508, « soixante mille personnes habitaient cette île, Indiens compris. Trois millions d’individus ont donc été victimes de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines, entre 1494 et 1508. Qui, parmi les générations futures, pourra croire pareille chose? Moi-même, qui écris ceci en en ayant été le témoin oculaire, j’en suis presque incapable ».
C’est ainsi qu’a commencé, il y a cinq cents ans, l’histoire de l’invasion européenne des territoires indiens aux Amériques. Au commencement, donc, étaient la conquête, l’esclavage et la mort, selon Las Casas — et cela même si certaines données sont un peu exagérées: y avait-il effectivement trois millions d’Indiens, comme il le prétend, ou moins d’un million, selon certains historiens, ou huit millions, selon certains autres? Pourtant, à en croire les manuels d’histoire fournis aux élèves américains, tout commence par une épopée héroïque — nulle mention des bains de sang — et nous célébrons aujourd’hui encore le Columbus Day.
Howard Zinn
Source: http://partage-le.com

samedi 10 octobre 2015

Une Europe sans Européens selon la recette Coudenhove-Kalergi


On s’accorde à dire que les Pères Fondateurs de l’Europe d’aujourd’hui, celle de Maastricht, sont Robert Schumann et Jean Monet. Ce n’est pas faux mais c’est inexact. Bien qu’il ait donné son nom à un Prix extrêmement prestigieux dont Herman Van Rompuy est entre autres le détenteur, Jean-Claude Juncker a reçu le prix Coudenhove-Kalergi en 2014 (Merkel en 2010). Richard Coudenhove-Kalergi est curieusement resté dans l’ombre. Or, ce dernier conçut l’idée même du paneuropéisme en décrivant avec une précision troublante ses principes civilisationnels.


Lorsque Kalergi est cité, il est surtout cité comme l’auteur d’un essai monumental intitulé « Pan Europe » et paru en 1923. Il y décrit le continent européen comme un ensemble sans frontières appelé à s’affranchir de ses limites culturelles et à communier dans un esprit mondialiste et notamment antinationaliste (enfin, il emploie le terme nationaliste pour sous-entendre nationiste). Le continent eurasiatique, la Russie en premier lieu, a vocation à être absorbée par les États-Unis d’Europe en s’adaptant au modèle étatique qui les unit et à leur conception des mœurs. La Grande-Bretagne est appelée à faire partie intégrante de cette structure homogène mais en tant qu’Etat-observateur doué d’une plus grande autonomie politique que les autres États de la Pan Europa. Jusqu’ici, rien de nouveau. On croirait lire un bref descriptif de ce qu’est l’Europe sous l’égide bruxelloise.

Ce qui en revanche mériterait qu’on s’y attarde, c’est la conception assez particulière qu’à Kalergi du nationisme. Selon lui, Erasme de Rotterdam, Goethe, Dante, Giordano Bruno et les Lumières étaient des antinationistes convaincus dans la mesure où ils étaient instruits. L’attachement à la nation est le propre de la plèbe obscurantiste obsédée par son sentiment d’exclusivité culturelle. Ce raisonnement, irréprochable à la surface, ne tient aucunement la route. De un, bien qu’universaliste, Dante était un poète parfaitement ancré dans la civilisation romano-chrétienne dont il chantait l’excellence. De deux, la question du nationisme en tant que tel (ou nationalisme, par extension) n’était pas d’actualité à l’époque. Enfin, s’il faut un contre-exemple, pensons à Machiavel, un nationiste assumé, aussi instruit que les personnalités précitées.
La critique que fait Kalergi du sentiment national à son tour connectée à la question identitaire et à la notion, bien plus récente, de préférence nationale, introduit un autre essai faisant véritablement office de mode d’emploi. Très peu connu ou du moins très peu cité, il s’intitule Praktisher Idealismus, littéralement, idéalisme pratique. Paru en 1925, ce livre au titre aussi charmeur qu’abstrait renverrait presque l’image d’une utopie sociale semblable à celle d’un Thomas More.

Or, si arrière-goût d’utopie il y a, celui-ci ne s’adresse qu’à une seule caste. Celle de la « noble race » ou des élites supranationales appelées à régir un monde homogénéisé, abêti et métissé. Selon Kalergi, s’il est une « race » susceptible de faire concurrence aux USA, c’est bien la race européenne ou … « Blanche ». Le politiquement correct n’était pas encore de mise à l’époque, surtout de la part d’un philosophe revendiquant une approche purement et durement raciste. Raciste, pas raciale, puisque le système hiérarchique qu’elle préconise sous-entend la supériorité fort aberrante de la race blanche (européenne) sur les « Noirs » pour ne citer qu’un exemple.

S’il faut donc neutraliser la puissance européenne en fracturant son identité et ses valeurs, le métissage forcé est une solution efficace et radicale. Il sera à ce moment-là question d’un génocide ethnique et civilisationnel progressif, indolore et surtout définitif. Dans un premier temps, Kalergi appelle à la destruction de la famille en tant qu’institut caduc et donc bon à croupir dans les oubliettes de l’Histoire. Les déviations sexuelles les plus osées seront banalisées. D’une manière générale, le strict contrôle des naissances devra devenir une priorité pour l’ensemble des pays membres de la Pan Europe, cela dans une optique purement malthusienne mettant en garde contre les effets catastrophiques de la surpopulation. Faudrait-il préciser que ce problème n’a jamais été celui de l’Europe ?

La deuxième partie du Plan Kalergi prévoie la suppression tout aussi progressive du principe de démocratie et d’égalité devant la loi. On continuera bien entendu à sacraliser ces deux notions mais dans le seul but d’en faire des instruments de pression sur les masses. La démocratie sans le peuple et l’égalité de type orwellien, si l’on veut une analogie plus moderne, seront complétés par la suppression du principe d’autodétermination des peuples. N’est-ce pas ce que l’on constate aujourd’hui ?

Pour ce qui est du métissage, on s’aperçoit que cette idée obsessionnelle s’appuie sur une thèse aussi raciste qu’infondée. S’appuyant sur des observations dont nul ne semble connaitre l’origine, Kalergi affirme que la cruauté des métisses n’a d’égal que leur servilité. Par conséquent, cette nouvelle « race » serait facile à manipuler. Elle ne se révoltera jamais, en tout cas tant que les mangeoires seront pleines.

Les bizarreries de la politique immigrationniste que l’on relève ces dernières décennies, les atteintes portées à la famille, notamment à la famille nombreuse, l’introduction absurde de la théorie du genre, l’allègement sélectif des programmes d’Histoire et la diabolisation systématique de tout ce qui a trait au sentiment patriotique sont autant de faits démontrant la réalisation, point par point, de l’alpha à l’omega, d’un Plan vieux de 90 ans. Alors avant de crier au racisme comme les Inquisiteurs aimaient en leur temps crier au diable, les technocrates de Bruxelles devraient d’abord relire le Praktisher Idealismus du Père de l’UE. Un peu de cohérence, voyons !


A méditer...

vendredi 2 octobre 2015

Le désencombrement, se débarrasser du superflu pour mieux vivre

Ne garder dans son environnement que ce qui est essentiel pour vivre, voilà le pari de ceux qui pratiquent le désencombrement. Un bon moyen de vivre de manière plus harmonieuse et naturelle.


« À l’âge de vingt-cinq ans, j’étais en train de faire le ménage quand j’ai eu une crise de panique. Mon appartement était encombré de meubles et d’objets dont je ne me servais pas. Soudainement, j’ai eu l’impression d’étouffer », explique Claire, une jeune trentenaire. À la suite de cet épisode, elle décide de pratiquer le désencombrement, ne gardant chez elle que les objets indispensables. Le but ? Vivre dans un milieu plus respectueux de son environnement naturel, social et psychologique. « Depuis, je n’ai plus d’objets en plastique chez moi, j’ai résilié mon abonnement de bus pour faire du vélo et me suis passée de ma connexion Internet », explique-t-elle. « Vivre avec seulement le nécessaire me permet de gagner du temps et de me sentir bien mieux chez moi. »
Jeanne est étudiante en psychologie. Elle a découvert le désencombrement par hasard, en surfant sur la toile : « Je cherchais à avoir mode de vie plus éthique, je voulais éviter la surconsommation. J’ai fait une liste de tout ce dont j’avais réellement besoin et ai décidé de me débarrasser du reste. » Un bon moyen d’économiser de l’argent : « Quand mon téléphone haute technologie est tombé en panne, j’ai hésité à me racheter un smartphone. Finalement, j’ai pris un téléphone plus basique, à trente euros. Cela me permet d’être moins obnubilée par celui-ci et j’ai épargné pour partir en week-end à l’étranger. Un moment inoubliable ! » Car, le désencombrement, c’est aussi favoriser les expériences par rapport au matériel. « Quand on vit dans un monde où l’on est en permanence soumis à la publicité et où il faut toujours posséder plus, il est difficile de trouver le recul nécessaire et de franchir le pas. Ce dont j’avais le plus peur, c’était le jugement de mes amis. Finalement, tout s’est bien passé, certains sont même devenus des adeptes », conclut-elle.

Une pratique qui favorise le don et l’économie circulaire

Les « désencombreurs » recyclent, donnent ou vendent leurs objets. « La démarche est avant tout éthique, il faut donc éviter le gaspillage. Chaque objet superflu peut être utile à quelqu’un d’autre », explique Claire. Il existe de nombreuses associations qui récupèrent vêtements, meubles, livres ou encore denrées alimentaires. « Je n’ai quasiment rien jeté. Il existe beaucoup de sites Internet qui proposent un service de don. Quand je me suis débarrassée d’un meuble devenu trop encombrant, j’ai mis une petite annonce en ligne. Quelques minutes après, quelqu’un s’est montré intéressé et a pris ses dispositions pour l’emporter chez lui », raconte-t-elle.
Le désencombrement peut prendre du temps. Claire a passé deux ans à vider son appartement. Jeanne se débarrasse également petit à petit de ce qui l’encombre : « Ma démarche a pour but de me permettre de vivre plus simplement, il n’était donc pas question pour moi de tout jeter d’un coup et de purifier mon intérieur en un week-end. J’aime passer du temps à scruter chaque objet pour me demander si j’en ai besoin et faire en sorte qu’il ait une nouvelle utilité. » Lasse d’acheter des mouchoirs et de l’essuie-tout, Jeanne a, par exemple, décidé de se servir de vieux draps pour créer des chiffons réutilisables plutôt que de s’en débarrasser.
« Cela m’aide aussi à méditer, m’interroger sur l’importance des choses de la vie. »

Quelques astuces pour désencombrer son appartement ou sa maison

Le désencombrement est une méthode qui se veut respectueuse de l’environnement. Ainsi, il faut toujours favoriser une solution écologique et échanger, recycler, donner, plutôt que de jeter. Kaizen vous donne quelques pistes …
Il faut avant tout ne pas avoir de scrupules à faire du grand nettoyage. Ne pas hésiter à prendre son temps et aussi à faire cela par « petites étapes ». Choisir une partie du grenier ou un tiroir, par exemple. Ensuite, lorsqu’on hésite à sauter le pas, se poser quelques petites questions utiles :
  • Quelle valeur a réellement cet objet à mes yeux ?
  • En quoi est-il utile ? Inutile ? Qu’est-ce que cela m’apporte de l’avoir ?
  • Le conserver, ça me coûte quoi ? Qu’est-ce que je crains ?
  • De quoi ai-je besoin pour soulager cette crainte ?
Cela vous permettra de déterminer ce qui est indispensable et ce qui ne l’est pas. N’hésitez pas, non plus, à vous servir d’Internet. Des organiseurs en ligne comme FlyLady aident à faire des listes virtuelles et à mieux prévoir la quantité de choses qu’il reste à accomplir.
Pour se débarrasser des objets superflus, il ne faut pas hésiter à demander autour de soi si cela peut servir. De nombreuses associations, comme Emmaüs, peuvent récupérer des vêtements ainsi que des meubles. Des sites Internet tels que donnons.org ou encore recupe.net permettent de donner vos objets à des particuliers qui viennent jusqu’à votre domicile les récupérer. Recycler les objets électroniques évite de polluer les sols. Les Ateliers du Bocage vont même jusqu’à les racheter, pour ensuite les recycler et leur donner une nouvelle vie.

Licia Meysenq sur: kaizen-magazine.com